« J’ai peur de travailler à perte » témoigne une autocariste française​Linda Lainé

Contrairement à d’autres acteurs du voyage, Voyages Rémi dispose d’un carnet de commandes bien rempli. Et pour cause, cet autocariste s’est spécialisé dans les voyages en Europe. Les prochains départs, vers la Belgique, la côte amalfitaine italienne ou encore la France, sont naturellement confirmés.

Le PGE du Covid-19 prend fin

Malgré tout, sa directrice Laurence Gérard demeure inquiète. Son entreprise achève au mois d’avril le remboursement du Prêt garanti par l’Etat (PGE) de 250 000 euros contracté pendant la pandémie de Covid-19. Un montant qui correspondait alors au prix de vente d’un autocar neuf, souligne-t-elle.

Or la guerre au Moyen-Orient met à nouveau son modèle économique et son moral à rude épreuve. Ce printemps, les six autocars -bientôt sept- devraient rouler à plein régime. Revers de la médaille, la facture de carburant s’annonce très salée, en raison de la flambée des prix à la pompe.

Dépendance aux modèles thermiques

« Un autocar de tourisme parcourt 70 000 kilomètres par an, précise Laurence Gérard. Un circuit sur la côte amalfitaine correspond à 5 000 kilomètres. Et il n’existe pas encore d’autocars électriques adaptés aux longues distances. » Les premiers modèles possèdent une autonomie trop limitée pour de longs trajets en Europe.

« En tant qu’agent de voyages et autocariste, nous subissons la crise de plein fouet. Pour autant, nous ne voulons pas d’un report de charges ou d’un prêt à 0% », explique-t-elle. Ce type d’aide ne ferait que décaler les problèmes de trésorerie dans le temps, comme le PGE.

« Nous souhaiterions en revanche des aides proportionnées à nos difficultés, calculées en fonction de notre consommation », poursuit-elle.

Des surcharges carburant minimes

« Nos clients prennent le bus parce qu’ils n’ont pas les moyens de prendre l’avion ou par peur de prendre l’avion. L’autocar reste un moyen de transport à la fois économique et rassurant. Nous ne pouvons pas appliquer une surcharge carburant trop importante ». Loin des 8% d’augmentation de prix du voyage qu’autorise la loi, Voyages Rémi a facturé 25 à 30 euros sa surcharge carburant à ses clients.

Ce niveau de surcharge, essentiellement symbolique, ne couvre en rien l’augmentation du coût du carburant, alors que les véhicules consomment 30 litres tous les 100 km.

Laurence Gérard craint par conséquent des difficultés financières. « J’ai peur de travailler à perte », poursuit-elle. La dirigeante de l’autocariste, créé à Givet (Ardennes) en 2007, envisage d’inciter certains chauffeurs à poser des congés payés, en attendant des jours meilleurs. C’est l’état d’esprit de certaines compagnies aériennes, qui renoncent aux lignes les moins rentables.

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