Malgré Ormuz réouvert, l’approvisionnement en carburant d’aviation va rester fragile, selon l’IATA​David Keller-Posalski

Malgré Ormouz réouvert, l’approvisionnement en carburant d’aviation va rester fragile, selon l’IATA

Ce n’est qu’un cessez-le feu qu’on devine fragile. Mais ce silence – relatif – des armes s’accompagne d’une réouverture du détroit d’Ormuz. La fin des problèmes d’approvisionnement en carburant aérien ? Rien n’est moins sûr. En effet, cité par Reuters, Willie Walsh, encore directeur général de l’IATA pour quelques semaines avant son entrée en fonction chez Indigo, a déclaré ce 8 avril 2026 ne pourrait, même dans ces circonstances favorables, se rétablir avant plusieurs mois. 

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Une récupération estimée à plusieurs mois

Willie Walsh s’est donc exprimé devant des journalistes à Singapour : « Si le détroit devait rouvrir et rester ouvert, je pense qu’il faudra encore plusieurs mois pour revenir au niveau d’approvisionnement nécessaire, compte tenu des perturbations des capacités de raffinage au Moyen-Orient », a-t-il déclaré. La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, dans le cadre de mesures de représailles liées au conflit, a étranglé les approvisionnements mondiaux en carburant d’avion. 

Les prix du carburant aérien ont plus que doublé depuis le début du conflit avec l’Iran, dépassant largement la hausse de 50% des prix du pétrole brut enregistrée avant l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines.Il a en outre précisé que même si les prix du pétrole brut devraient baisser, les coûts du carburant d’avion resteraient probablement élevés en raison de l’impact sur les raffineries.

Impact limité sur les capacités aériennes

Le même a cependant écarté les comparaisons avec la pandémie de Covod-19, qui avait paralysé les voyages mondiaux. Durant la pandémie, les capacités en sièges avaient été réduites de 95% en raison de la fermeture des frontières, une situation bien différente de la crise actuelle. 

Il compare plutôt la situation à d’autres chocs économiques comme les ralentissements de 2008-2009 ou les conséquences des attentats du 11 septembre 2001. Après le 11 septembre, la récupération avait pris environ quatre mois, tandis qu’en 2008-2009, elle s’était étalée sur 10 à 12 mois. Concernant l’impact sur les capacités des compagnies du Golfe, qui représentaient l’an dernier 14,6% de la capacité internationale, Willie Walsh estime que la perte sera temporaire. Certaines capacités seront remplacées par des compagnies aériennes hors de la région, mais il est impossible de remplacer l’intégralité des capacités fournies par les transporteurs du Golfe.

Alternatives de raffinage disponibles

Concernant les capacités de raffinage, Willie Walsh a indiqué que la réouverture du détroit, si elle se maintient, serait positive non seulement pour les flux de pétrole brut mais aussi pour les produits raffinés, y compris le carburant d’avion. Il a toutefois précisé qu’il faudra du temps aux raffineries hors de la région pour s’adapter et augmenter leur production. Walsh a désigné l’Inde et le Nigeria comme des pays disposant de capacités pour accroître leur production de produits raffinés dans l’intervalle. 

Il a également exprimé son souhait que la Chine et la Corée du Sud reprennent leurs exportations de produits raffinés une fois que les flux de pétrole brut auront repris. « Il existe donc des capacités de raffinage disponibles une fois que le pétrole brut circulera à nouveau, mais cela prendra un peu de temps », a-t-il souligné. Walsh a ajouté que l’écart de raffinage élevé actuel constitue une incitation pour les raffineries à augmenter la production de carburant d’avion.

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