L’IATA considère que l’industrie aérienne est prête pour le voyage sans contact​David Keller-Posalski

L'IATA considère que l'industrie aérienne est prête pour le voyage sans contact

Selon un communiqué de presse publié par l’Association internationale du transport aérien (IATA), plusieurs projets pilotes portant sur l’identité numérique ont été menés avec succès en collaboration avec des compagnies aériennes, des aéroports, des fournisseurs de technologies et des gouvernements en Europe et en Asie-Pacifique. Ces démonstrations de faisabilité ont prouvé que le voyage international sans contact, utilisant la biométrie et l’identité numérique en remplacement des documents papier, est d’ores et déjà techniquement réalisable. Les partenaires impliqués dans ces projets, réunis dans le cadre du programme de partenariats stratégiques de l’IATA, ont testé comment l’identité numérique stockée dans des portefeuilles mobiles et la vérification biométrique peuvent faciliter les parcours des passagers sans nécessiter de contrôles répétés des documents papier.

Interopérabilité des systèmes démontrée

L’un des enseignements majeurs de ces projets pilotes réside dans la démonstration de l’interopérabilité entre différents systèmes. Les tests ont confirmé que cette interopérabilité est suffisamment avancée pour permettre des voyages sans contact impliquant plusieurs transporteurs et utilisant différents portefeuilles d’identité numérique.

Parmi les solutions testées figurent notamment Digital ID dans Apple Wallet pour les détenteurs de passeports américains et Google ID Pass pour les détenteurs de passeports britanniques et américains, ainsi que des programmes nationaux d’identité numérique tels que Digi Yatra en Inde. Les projets ont également démontré la capacité des passagers à partager de manière sécurisée leurs données d’identité en amont du voyage afin de faciliter leur déplacement.

Les conceptions des projets pilotes se sont appuyées sur le répertoire des voyages sans contact de l’IATA, les normes One ID de l’organisation et les standards internationaux ISO, OpenID et W3C. Willie Walsh, directeur général de l’IATA, a déclaré à ce sujet : « Nous avons prouvé que l’identité numérique pour les voyages internationaux fonctionne de manière sûre et efficace. Pour que les voyageurs bénéficient de cette importante modernisation, les gouvernements doivent accélérer leurs efforts pour émettre et accepter les titres de voyage numériques ».

Cinq enseignements clés validés

Les projets pilotes ont permis de valider cinq conclusions essentielles sur l’utilisation de l’identité numérique dans le secteur aérien…

  • Les solutions d’identité numérique basées sur des portefeuilles fonctionnent efficacement, incluant les portefeuilles mondiaux et nationaux qui ont été utilisés avec succès dans des environnements opérationnels réels de compagnies aériennes.
  • Les données d’identité numérique peuvent être partagées de manière sécurisée avant le voyage, avec le consentement de l’utilisateur, permettant ainsi des contrôles préalables et réduisant la manipulation répétée des documents.
  • La vérification biométrique peut remplacer les contrôles manuels des documents papier aux différents points de contrôle de l’aéroport, permettant aux passagers de franchir ces étapes de manière sécurisée et fluide.
  • Une seule identité numérique peut être réutilisée tout au long du parcours, rendant possible une expérience sans contact de type tap-and-go.
  • L’interopérabilité peut être atteinte au-delà des frontières, permettant aux systèmes exploités par les compagnies aériennes, les aéroports et les gouvernements de fonctionner ensemble.

Trois défis pour une adoption mondiale

Pour passer de ces projets pilotes à une adoption mondiale de l’identité numérique, une action coordonnée des gouvernements s’avère nécessaire dans trois domaines critiques. Le premier domaine concerne la préparation à l’émission des titres de voyage numériques. Les États doivent établir les fondations légales, opérationnelles et techniques pour émettre des titres de voyage numériques, versions numériques sécurisées des passeports, dans le cadre de leurs programmes nationaux d’identité numérique.

Le deuxième domaine porte sur la capacité d’acceptation de ces documents. Les systèmes de contrôle aux frontières, de visa et d’autorisation de voyage doivent être préparés à accepter et vérifier les titres de voyage numériques émis par d’autres États. Le troisième domaine concerne la planification à grande échelle. Cette planification nécessite une collaboration avec l’industrie, les autres gouvernements et les organisations internationales pour permettre l’utilisation interopérable des titres de voyage numériques à l’échelle mondiale. Willie Walsh a souligné que le partage des données d’identité en amont permettrait de réaliser les contrôles plus tôt, réduisant ainsi le besoin de vérifications à l’aéroport et diminuant les files d’attente.

Trois projets pilotes complémentaires

Pour aboutir à ces conclusions, trois projets pilotes ont testé des aspects complémentaires de l’intégration de l’identité numérique dans les processus de voyage des passagers. Le premier projet a porté sur la connexion de vols internationaux avec correspondance, impliquant Japan Airlines entre Tokyo Haneda, Hong Kong et un aéroport européen. Les passagers ont partagé leurs données d’identité en amont via des portefeuilles numériques, permettant un traitement biométrique aux points de départ et de correspondance. Pour l’aéroport européen et la compagnie, une solution interopérable tap-and-go a été utilisée au lieu du partage préalable des données biométriques. Les données d’identité ont été réutilisées dans plusieurs aéroports et compagnies, éliminant les contrôles répétés de documents et démontrant l’interopérabilité entre prestataires.

Le deuxième projet, mené par Air New Zealand entre Auckland et Hong Kong, a testé une identité numérique gérée par la compagnie. Les passagers ont utilisé un portefeuille numérique de la compagnie pour partager leurs données d’identité lors de la réservation et de l’enregistrement, permettant une inscription biométrique à distance et un traitement sans contact aux points de contrôle de l’aéroport et de la douane.

Le troisième projet, conduit par IndiGo à Bengaluru, a démontré l’interopérabilité entre prestataires, prouvant que des solutions d’identité numérique de différents fournisseurs, incluant des programmes nationaux comme Digi Yatra et des identifiants de portefeuilles internationaux, peuvent fonctionner ensemble au sein d’un même voyage.

Ecosystème technologique diversifié

Ces projets pilotes ont mobilisé un large écosystème de partenaires technologiques. Outre les compagnies aériennes et aéroports mentionnés précédemment, les projets ont impliqué l’utilisation de plusieurs portefeuilles numériques, notamment Air New Zealand Wallet, Apple Wallet, Digi Yatra, Face Express by NEC, Google Wallet, Multipaz en version open-source et SITA Wallet. Des fournisseurs de technologies ont également contribué à ces démonstrations, parmi lesquels Amadeus, Branchspace, Hopae, NEC, SICPA et SITA. L’ensemble de ces acteurs a bénéficié du soutien du répertoire des voyages sans contact de l’IATA.

Les solutions d’identité numérique testées dans ces projets visent à s’aligner sur le cadre des titres de voyage numériques de l’Organisation de l’aviation civile internationale. L’approche utilisée consiste à capturer de manière sécurisée les données du passeport physique du voyageur, à les stocker dans un portefeuille mobile et à les lier au voyageur par vérification biométrique. L’IATA précise que l’étape suivante pour déployer à grande échelle une identité numérique sécurisée et interopérable pour les voyages mondiaux consiste en l’émission de titres de voyage numériques directement sur l’appareil du voyageur par les gouvernements. Des alternatives papier resteront disponibles pour garantir l’accessibilité.

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