
Depuis la mi-mars, les échouements de sargasses se multiplient sur les côtes de la Guadeloupe et de la Martinique, rapportent les médias locaux. « Les très nombreux campeurs pascals ont été les premiers témoins et victimes des derniers arrivages d’algues sargasses sur les littoraux guadeloupéens ainsi que sur ceux des îles du Nord », rapporte Franceinfo 1ère.
Les algues passent les barrières
Les autorités se disent pleinement mobilisées contre la prolifération des algues brunes.
À titre d’exemple, une barrière de sargasses de type Polmar a été installée le 4 mai 2023, dans la baie de Pompierre à Terre-de-Haut, dans les Saintes. Néanmoins, comme le montre la photo d’ouverture prise le 18 mars 2026, les algues brunes l’ont traversée pour s’échouer sur la plage.
De son côté, la préfecture de la Martinique se réjouit d’avoir récolté « 40,6 tonnes de sargasses dans la semaine du 30 mars au 2 avril 2026″. Et même 2257,7 tonnes depuis le début de l’année 2026. » Pour autant, des plages restent souillées. « Quel est le tonnage non collecté et donc échoué ? », interroge toutefois une internaute.
Des cartes pour s’informer
Des cartes publiées par Météo-France, très régulièrement mises à jour, permettent d’identifier les arrivages, pour la Guadeloupe et la Martinique.
Au large de la Martinique, les images satellitaires confirment une présence massive de sargasses dans l’Atlantique, explique le bulletin du 9 avril. Sur les deux prochaines semaines, « des vagues d’échouements continus et répétés sont attendus sur l’ensemble de nos côtes. Aucune accalmie n’est anticipée à court terme », est-il ajouté.

Phénomène nouveau : « des échouements précoces et réguliers », bien que « de faible intensité », ont marqué « la période creuse », relevait début mars l’agence météorologique. Les habitants et certains professionnels du tourisme observent eux aussi que les sargasses s’échouent de plus en plus tôt dans l’année. Et les « radeaux d’algues » se déplacent de manière assez imprévisibles.
L’Atlantique « très chargé »
Dans l’archipel de la Guadeloupe, les arrivages viennent de l’est, précise Météo France dans un bulletin du 13 avril. L’agence prévoit des arrivages. « L’océan Atlantique reste très chargé en algues sargasses, précise-t-elle. Une accentuation des échouements reste à prévoir dans les prochaines semaines. »
« Effectivement les sargasses sont de retour dans nos eaux, tout comme dans l’ensemble du bassin caribéen, malheureusement », confirme à L’Écho touristique le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe. Certaines plages sont actuellement affectées : l’est de la Basse-Terre, le Nord-est de la Grande-Terre. Cependant, l’archipel regorge de plages sans échouement, comme la côte Caraïbes et le Nord de la Grande-Terre. »
Un fléau depuis 2011
Marie-Galante, La Désirade et Les Saintes subissent pour leur part des échouements plus fréquents, estime l’organisme. Ces îles parient plus que jamais sur d’autres atouts, tels que les visites de distilleries et la culture créole.
Le phénomène des sargasses, traditionnellement plus marqué en basse saison (de mars à septembre), n’est pas nouveau. Depuis 2011, il tend à proliférer sur les rivages des Caraïbes, jusqu’en Floride et au Mexique. Cet hiver, des voitures circulaient d’ailleurs sur un Malecón (La Havane) recouvert d’algues.
« Ce phénomène naturel sévit depuis 15 ans déjà, et il s’aggrave chaque saison », selon Patrice Caradec, le président du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto).
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Les sargasses de retour en Guadeloupe et en Martinique
