Partir/Visiteurs vise les 100 millions d’euros avec prudence​Florian De Paola

À l’aube de son quarantième anniversaire, le groupe Partir/Visiteurs ne prévoit pas d’arrêter de grandir. Redressé après la crise sanitaire, le voyagiste, qui vient de changer de propriétaires, vise même les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à cinq ans. Un objectif ambitieux mais porté « avec prudence et humilité, ces dernières semaines nous rappelant que notre activité est très sensible », cadre Patrice Arezina, le nouveau directeur général de Partir/Visiteurs.

Comme les autres voyagistes, le groupe compose en effet depuis plusieurs semaines avec les impacts de la guerre au Moyen-Orient. « Nous avions plusieurs dizaines de clients bloqués notamment en Inde, en Thaïlande et au Vietnam », raconte Blandine Bonnay, directrice Transports pour le TO. Partir/Visiteurs parvient à rapatrier l’intégralité de ses clients en une quinzaine de jours. Mais l’opération coûtera « au moins 150 000 euros », chiffre Patrice Arezina.

« Le mois de mars a été l’un des plus difficiles de ces 10-15 dernières années »

Vient ensuite la deuxième phase de cette crise, celle des annulations. Une trentaine de voyages sont annulés, dont une quinzaine en groupes, la marque de fabrique historique de Partir. « Le mois de mars a été l’un des plus difficiles de ces 10-15 dernières années », concède Patrice Arezina. Et le marché se montre désormais attentiste, avec un impact direct sur les prises de commandes (-18% en mars et -28% en avril pour le voyagiste).

Malgré tout, la nouvelle équipe dirigeante de Partir/Visiteurs se montre optimiste. « 2026 n’est pas perdue. Nous tablions sur un chiffre d’affaires de 81 millions d’euros, et nous atterrirons sans doute plutôt entre 68 et 70 millions d’euros », calcule Patrice Arezina. La rentabilité sera donc moindre que prévue, mais elle est toujours prévue du côté du siège du voyagiste, à Paris.

De gauche à droite : Stéphane Le Coz, Charlotte Peltier, Blandine Bonnay, Patrice Arezina et Didier Rabaux. © Florian De Paola

Surtout, Partir/Visiteurs prépare le lancement de sa production 2027. Et elle sera marquée par un élargissement significatif de l’offre en moyen-courrier, « là où on ne nous attend pas forcément », reconnaît Charlotte Peltier, la directrice de production du TO depuis l’automne dernier. La Grèce, Chypre ou encore l’Italie vont donc rejoindre le Japon, les États-Unis et le Canada (les trois destinations dans lesquelles le groupe est le plus fort) dans le portefeuille de Partir/Visiteurs.

Une quinzaine de nouvelles destinations en 2027

Mais pas seulement. « En 2027, nous lancerons une quinzaine de destinations », promet l’ancienne de NG Travel. Et ce aux quatre coins du globe : Malaisie, Corée du Sud, Rwanda… « Charlotte est arrivée avec son histoire, sa passion et son expertise de plusieurs destinations. Forcément, elle a apposé sa patte sur notre offre », sourit Patrice Arezina.

La diversification porte la croissance de Partir/Visiteurs.

Une offre qui comptera par ailleurs des autotours stockés (nouveau), plus de départs spéciaux autour de fêtes (Mexique, Inde…), et de pré-tours ou extensions, « l’une de nos spécificités », s’enorgueillit Charlotte Peltier. « La diversification porte la croissance de Partir/Visiteurs depuis la fin des années 2000 », justifie Patrice Arezina. Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, c’est déjà la logique qui avait incité Didier Blanchard et Didier Rabaux, les deux fondateurs du voyagiste, à ne plus limiter leurs opérations à l’Indonésie, où ils régnaient pourtant en maîtres sur le marché français.

Partir/Visiteurs compte aussi sur la technologie avec un nouveau service bientôt lancé sur son site pro : l’accès à l’offre aérienne, depuis la province, en package dynamique. « Jusqu’ici, pour réserver un Nice/Doha/Osaka, les agents de voyages devaient forcément appeler la résa », note Stéphane Le Coz, le nouveau directeur commercial du voyagiste. Dans quelques semaines, Partir/Visiteurs sera donc en mesure de vendre ces voyages « en 3 ou 4 clics ».

35 000 clients en 2025

D’autres projets sont en développement, comme l’élargissement de l’outil sur-mesure aux 32 destinations opérées, sur ce segment, par le voyagiste. « Nous travaillons sur tous ces sujets avec un objectif : être des facilitateurs pour les agents de voyage et rendre leurs ventes plus simples », explique Patrice Arezina.

La distribution aura d’ailleurs un rôle essentiel pour aider Partir/Visiteurs, qui fonctionne « à 99% en B2B« , à atteindre ses ambitions. En 2025, les agences de voyages ont fait partir 35 000 de leurs clients en voyages avec Partir/Visiteurs.

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