
Alors que l’Europe fait face à une menace de pénurie de kérosène depuis le blocage du détroit d’Ormuz, le gouvernement français se dit prêt à libérer ses réserves stratégiques.
La porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a tenté dimanche 19 avril de rassurer sur la capacité de la France à faire face à une éventuelle crise d’approvisionnement en kérosène. Interrogée sur BFMTV, elle a indiqué que si la France ne constate actuellement aucune difficulté pour l’approvisionnement des compagnies aériennes, l’exécutif pourrait néanmoins libérer une partie de ses stocks stratégiques en cas de « problèmes de volume ».
« Je rappelle que la France a des stocks stratégiques, environ une centaine de jours de disponibilité de carburant que nous pourrions être amenés à libérer si on avait des problèmes de volume », a déclaré Maud Bregeon. La ministre a précisé que ces réserves étaient « initialement là pour pallier des problèmes de volume et non pas à des problèmes de prix », une distinction importante alors que le prix du kérosène a plus que doublé depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Si la ministre a estimé qu’il y avait « davantage de tension » sur le kérosène que sur les carburants routiers, elle a néanmoins assuré qu‘ »à l’heure où on se parle, il n’y a pas de difficulté ».
L’IATA tire la sonnette d’alarme
Une position prudente du gouvernement français, qui contraste avec l’alerte lancée vendredi par l’Association internationale du transport aérien (IATA). Dans un communiqué officiel, Willie Walsh, directeur général de l’organisation, a qualifié de « sobre » l’évaluation de l’Agence internationale de l’énergie concernant les risques de pénurie. « Nous avons également estimé que d’ici à la fin mai nous pourrions commencer à voir quelques annulations en Europe par manque de carburant pour les avions. Cela se produit déjà dans certaines parties de l’Asie », a déclaré Willie Walsh.
L’IATA appelle les autorités à mettre en place des « plans bien communiqués et bien coordonnés » au cas où un rationnement deviendrait nécessaire, notamment en ce qui concerne l’assouplissement de l’allocation des créneaux horaires dans les aéroports. Cette demande de coordination fait écho aux préoccupations exprimées début avril par ACI Europe, l’organisation représentant les aéroports européens, qui avait prévenu dans une lettre adressée à la Commission européenne qu’une « pénurie systémique de kérosène » pourrait frapper l’UE dans un délai de 3 semaines si le passage par le détroit d’Ormuz ne reprenait pas de manière stable.
Des premières suppressions de vols
Les craintes de l’industrie aérienne ne relèvent pas uniquement de la prospective… La compagnie néerlandaise KLM a ainsi annoncé la suppression de 80 vols aller-retour au départ et à destination d’Amsterdam-Schiphol pour le mois de mai, en raison de l’augmentation des coûts du kérosène qui rend certaines liaisons financièrement non viables. Ces annulations, qui représentent moins de 1% des vols européens opérés par KLM durant la période concernée, touchent notamment des lignes à haute fréquence comme Londres et Düsseldorf.
La compagnie a néanmoins précisé qu’il n’existait aucune pénurie physique de kérosène et que les passagers concernés seraient automatiquement réacheminés vers le prochain vol disponible. Ces ajustements s’ajoutent à la suspension des vols de KLM vers Dubaï jusqu’au 14 juin, ainsi que vers Riyad et Dammam jusqu’au 16 mai au minimum.
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