France : la Haute-Savoie signe une saison hivernale prometteuse, mais se dirige vers un été incertain​Eglantine L’Haridon

Avec un taux d’occupation moyen des lits marchands de 56,1% – en hausse d’1,6 point sur an, la Haute-Savoie enregistre une saison prometteuse. Martial Saddier, président du Comité départemental du tourisme (CDT) Haute-Savoie Mont-Blanc, applaudit une performance structurellement plus favorable que la tendance nationale, signe que le territoire « reste une destination de référence ».

Si la période des fêtes de fin d’année demeure le temps fort incontestable de la saison – avec un taux d’occupation de 81,3% (+2,4 points sur un an), les dynamiques de fréquentation témoignent également d’une mutation des réservations. Les vacances d’hiver, traditionnellement perçues comme le cœur exclusif de la saison, accusent un recul de 3,8 points sur un an (69,7%).

Les inter-vacances gagnent en popularité

Les périodes hors vacances scolaires confirment une attractivité exponentielle : l’inter-vacances de janvier progresse de 3,1 points et atteint 56% d’occupation, tout comme celle de mars (+2,8 points, à 47,8%). Un engouement qui s’explique en grande partie par des incitations conjoncturelles : les vacanciers plébiscitent des tarifs plus accessibles et des efforts tarifaires concédés par les stations. Le printemps s’impose également : fort d’une progression de 5,2%, il atteint un taux d’occupation de 39,2%.

Cette arrière-saison dynamique, soutenue par un enneigement et une météo exceptionnels, a permis à un périmètre de stations étendu (Avoriaz, Flaine, Les Carroz, Les Gets, La Clusaz, la Vallée de Chamonix ou Châtel) de capitaliser sur une ouverture prolongée jusqu’à la fin avril.

Un été en demi-teinte

Les choix d’hébergement révèlent quant à eux une quête de confort : les résidences de tourisme dominent largement le marché, captant 75,6% des séjours (+3,7 points). L’hôtellerie affiche également une bonne vitalité, avec une progression de 4,9 points sur un an (66,5%).

Le socle de la fréquentation demeure toutefois majoritairement domestique (65,6%). Mais la clientèle internationale cumule désormais près d’un tiers des nuitées. C’est le marché britannique qui assoit son hégémonie, représentant 46% des visiteurs étrangers. La Belgique (15%) et la Suisse (12%) complètent le podium, immédiatement suivies par les Pays-Bas et les Etats-Unis.

Malgré cette saison hivernale réussie, les professionnels du tourisme abordent l’été avec circonspection. Selon un panel réalisé par le CDT, l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat constituent le frein principal au départ pour 64% des Français. En outre, le contexte géopolitique mondial (22 %), rythmé par les tensions au Moyen-Orient et l’augmentation des coûts du carburant, ainsi que l’instabilité politique nationale (17 %) viennent renforcer ce climat d’attentisme.

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