Moyen-Orient : Air France-KLM abaisse ses prévisions de croissance face à l’envolée du kérosène​L’Echo touristique avec l’AFP

L’escalade géopolitique au Moyen-Orient commence à peser sur les perspectives d’Air France-KLM. À l’occasion de la publication de ses résultats du premier trimestre 2026, ce jeudi 30 avril, le groupe a annoncé une révision à la baisse de ses prévisions annuelles de croissance. En cause : une forte poussée de la facture énergétique consécutive à l’escalade du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran, et qui a entraîné une envolée des prix du kérosène en l’espace de quelques semaines.

Facture de kérosène estimée à 9,3 milliards de dollars

Face à cette volatilité, le géant franco-néerlandais table désormais sur une hausse de ses capacités comprise entre 2 et 4% pour l’exercice 2026, contre 3 à 5% initialement. Cet ajustement illustre le fardeau grandissant que représente le poste carburant pour les compagnies du groupe. La facture de kérosène d’Air France-KLM est en effet estimée à 9,3 milliards de dollars pour l’année en cours, marquant un bond massif de 35% par rapport aux projections antérieures au déclenchement de la guerre.

« Si la hausse des prix du carburant ne se reflète pas encore dans les résultats que nous présentons aujourd’hui, elle pèsera sur les prochains trimestres », a reconnu Benjamin Smith, directeur général d’Air France-KLM. Le choc financier reste néanmoins lissé par la stratégie de couverture de l’entreprise, qui lui a permis de sécuriser les prix du kérosène pour 66% de ses besoins en carburant sur 2026, et pour 33% en 2027.

Imperméable au contexte géopolitique ?

En dépit de cet horizon assombri, les performances du premier trimestre (traditionnellement la période la plus creuse et déficitaire du secteur) démontrent malgré tout une certaine résilience opérationnelle. Le chiffre d’affaires du groupe est en hausse de 4%, atteignant 7,48 milliards d’euros. Sur les trois premiers mois de l’année, le groupe a transporté 22,3 millions de passagers, un chiffre en augmentation de 2,3% sur un an.

Le taux de remplissage des appareils progresse quant à lui de 0,3 point pour s’établir à 86,3%, tandis que la recette unitaire (le chiffre d’affaires par passager) croît de 3,4%. Cette dynamique de revenus compense largement une hausse contenue du coût unitaire (+0,5%). Conséquence de la saisonnalité classique du transport aérien, la perte nette trimestrielle s’établit à 252 millions d’euros, ne se creusant que de 1% par rapport à l’exercice précédent.

Cette relative imperméabilité immédiate aux turbulences géopolitiques s’explique par la faible exposition directe des compagnies Air France, KLM et Transavia au Moyen-Orient. Pour pallier les perturbations du trafic oriental, le groupe s’appuie sur la vitalité de ses autres axes stratégiques : la direction souligne en effet avoir enregistré de très bonnes performances sur les faisceaux de l’Atlantique Nord, de l’Amérique centrale et du Sud, ainsi que sur l’Asie.

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