Air France prolonge la surcharge NDC à 4 € et affronte la crise du kérosène​David Keller-Posalski

Air France prolonge la surcharge NDC à 4 € et affronte la crise du kérosène

Lors de l’ouverture du Congrès des Entreprises du Voyage (EDV), Henri Hourcade, directeur général d’Air France-KLM, a détaillé les adaptations de la compagnie face à la crise du Moyen-Orient et annoncé la prolongation de la surcharge réduite pour les agences de voyage. 

Surcharge NDC 4€ prolongée

Henri Hourcade a annoncé ce jour la prolongation jusqu’au 31 décembre 2026 de la surcharge actuelle de 4 € pour les réservations effectuées via EDIFACT par les agences de voyage d’affaires et généralistes. Cette décision modifie le calendrier initialement prévu, qui prévoyait un passage à 24 € dès le 1er juillet. « Quand le partenariat fonctionne, que tout le monde avance, on travaille en partenariat », justifie Henri Hourcade. La prolongation intervient dans un contexte de progression satisfaisante de la pénétration du système NDC. 

La compagnie enregistre actuellement 50% de réservations via NDC sur l’ensemble des agences de voyage en France, loisirs et voyages d’affaires confondus. Sur le segment spécifique du voyage d’affaires, le taux atteint désormais un tiers des émissions, soit une progression de 15 points par rapport à l’année précédente. La direction souligne que plusieurs agences dépassent déjà le seuil de 50%, certaines atteignant même plus de 80% de réservations via NDC. José Martinez nous confirmera même le chiffre de 84%, sur le voyage corpo, via son outil maison eYoma.

Des entreprises du CAC 40 affichent également des taux de 80%. Cette disparité s’explique par les différences dans les processus internes, l’avancée des interfaces et la conduite du changement propre à chaque organisation. De nouvelles fonctionnalités sont prévues pour accompagner cette transition, l’écosystème technologique continuant son évolution. La décision de maintenir la surcharge à 4 € jusqu’à fin décembre vise à poursuivre cette dynamique de partenariat jugée efficace par la compagnie.

Le kérosène alourdit la facture

La crise au Moyen-Orient génère trois impacts majeurs pour Air France, le plus lourd concernant le prix du carburant. Le kérosène a plus que doublé, passant de 500 à 600 € la tonne à 1.600 €. Cette hausse spectaculaire s’explique par une concentration importante de la production dans le Golfe Persique, qui assure environ 40% de l’approvisionnement mondial en kérosène, alors que la région ne représente que 20% de la production pétrolière globale. Cette décorrélation explique pourquoi le prix du kérosène n’évolue pas parallèlement au cours du Brent. 

Air France dispose de couvertures financières à hauteur de 70% sur un semestre et aux deux tiers sur l’année 2026. Toutefois, avec une facture carburant de 7 milliards d’euros, la part non couverte avoisine les 2 milliards. Le doublement du prix sur cette portion non couverte génère donc une surfacture du même montant. Pour compenser partiellement cet impact, la compagnie a augmenté ses tarifs de 100 € sur les longs courriers et de 10 € sur les moyens courriers. Selon les estimations de la direction, ces augmentations permettront de couvrir un peu plus de 50% de la surfacture à partir d’avril, premier mois pleinement affecté. 

Lignes suspendues et redéploiement asiatique

La compagnie a dû suspendre ses liaisons vers plusieurs destinations du Moyen-Orient, notamment Beyrouth, Tel-Aviv, Dubaï et Riyad. Ces suspensions sont maintenues jusqu’au 20 mai pour la plupart des destinations, et jusqu’au 13 mai pour Riyad. Une réévaluation intervient tous les dix jours pour déterminer les conditions de reprise en fonction du contexte sécuritaire et commercial. Le deuxième impact concerne les liaisons entre l’Europe et l’Asie. La suspension des opérations des compagnies du Golfe représente 25% de l’offre aérienne sur ces routes, créant un choc d’approvisionnement majeur. Air France a réagi en redéployant ses appareils initialement affectés au Moyen-Orient vers les destinations asiatiques comme Bangkok, Singapour, le Japon, l’Inde, Phuket et Manille. 

Entre mars et juin, la compagnie prévoit d’assurer plus de 80 rotations supplémentaires sur l’Asie. Les réservations demeurent stables sur la période estivale et la compagnie affirme disposer d’une visibilité sur les stocks au moins jusqu’en juin. Henri Hourcade s’engage formellement sur l’absence d’annulations de vols pour des raisons liées au prix du kérosène. Quant aux annulations opérées par KLM, elles concernent 80 vols sur deux mois sur le réseau moyen-courrier en demi-saison, soit environ 1% des opérations.

Développement et modernisation maintenus

Les nouveautés prévues pour l’été sont maintenues, avec l’ouverture de Las Vegas lancée le mois dernier et l’ajout d’une fréquence sur Newark, portant à 11 les liaisons quotidiennes entre Kennedy, Newark et les appareils Delta en joint-venture. Pour l’hiver prochain, Air France élargira la période d’exploitation sur Punta Cana de fin novembre à mars, ainsi que sur les Maldives, deux destinations affichant de bons résultats. La compagnie poursuit sa montée en gamme avec le déploiement des nouvelles suites La Première sur les États-Unis, le Japon, San Francisco et Abidjan dès juin. 

Le wifi à bord via Starlink équipera la moitié de la flotte durant l’été et la quasi-totalité en fin d’année. La modernisation de la flotte constitue un atout dans le contexte actuel, avec 41 appareils A350 sur le long-courrier et 57 appareils de type 220 sur le moyen-courrier. Ces avions de nouvelle génération consomment 25% de kérosène en moins, permettant à la fois une décarbonisation et une meilleure résistance face à la hausse des prix du carburant, contrairement à certains concurrents non européens disposant de flottes plus anciennes et contraints à davantage d’annulations.

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