
Le Congrès des Entreprises du Voyage (EDV) se déroule dans un Disneyland Paris qui constitue une forme d’échappatoire de deux jours, d’un “monde où Donald et Dingo ne font qu’un”, selon le mot bien trouvé du MC François-Xavier Izenic.
L’événement qui, depuis 3 ans, alterne entre la France et l’étranger, réunit l’ensemble des professionnels du secteur dans un moment critique pour l’industrie. La présidente des EDV a ouvert les débats en soulignant l’ampleur de la situation actuelle, tandis que Mumtaz Teker, président de l’APST, a fait le point sur la solidité financière de l’organisme de garantie.
Stabilité du business travel
Valérie Boned a rappelé l’évolution de la crise depuis le 28 février dernier. La présidente des EDV a expliqué que la première préoccupation concernait « les clients, la peur des clients qu’on avait sur place, de se retrouver en prise directe avec la guerre ». Mais aujourd’hui, la nature de la crise a changé. Le sujet principal concerne désormais le prix du kérosène et sa pénurie. Valérie Boned a précisé avoir « moins peur de la pénurie que de l’angoisse du prix et de la répercussion sur le geste et l’achat des clients ». Cette situation provoque une sclérose du marché, avec des clients dans l’attente. Le baromètre publié le matin même du congrès révèle des chiffres préoccupants : le voyage d’affaires semble stable, mais le loisir enregistre des baisses comprises entre 5 et 30%.
Face à cette situation, la présidente des EDV a identifié trois axes de travail majeurs. Le premier concerne la capacité à analyser et gérer les crises, en réunissant l’ensemble des parties prenantes : distributeurs, tours opérateurs, assureurs, courtiers, État via le Quai d’Orsay, DGAC et compagnies aériennes. L’objectif consiste à mettre en place des protocoles anticipant les prochaines crises pour mieux réassurer, héberger et rapatrier les clients. Le deuxième chantier porte sur la fiabilité des compagnies aériennes. Valérie Boned a révélé avoir adressé une lettre au président de l’IATA il y a une semaine pour obtenir des garanties sur la santé financière des transporteurs. Le troisième axe concerne les relations avec les pouvoirs publics. Contrairement à la crise du Covid, l’État ne dispose pas de moyens financiers pour soutenir le secteur. Les EDV travaillent néanmoins avec le ministre sur une doctrine d’activité partielle et sur les contrôles relatifs à l’aide au coût fixe.
L’APST affiche sa solidité financière
Mumtaz Teker a présenté la situation de l’Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme. L’organisme dispose de près de 70 millions d’euros dans ses caisses et de plus de 40 millions d’euros de fonds propres. Au 3 mai, le nombre de défaillances s’élève à 52 dans la profession, dont 10 concernent l’APST, un niveau comparable à celui de 2025. Le président a affirmé que l’organisme ferait face à toutes les difficultés et soutiendrait la profession pour éviter que les clients et tours opérateurs ne soient pénalisés.
Contrairement à Valérie Boned, Mumtaz Teker estime que « la guerre qu’on vit actuellement n’aura pas beaucoup de conséquences » et prédit même sa fin avant l’été. En revanche, il partage une inquiétude majeure sur le pouvoir d’achat. Les conséquences économiques de cette crise, notamment sur les prix et les salaires, pourraient selon lui nécessiter une à deux années pour être digérées.
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