
Sur les quelque 7 400 campings que compte la France, près de 2 000 sont aujourd’hui implantés dans des zones exposées à des aléas naturels majeurs, selon la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA). Inondations, submersions marines, incendies ou encore érosion côtière concernent directement ces établissements, qui concentrent à eux seuls environ la moitié de la fréquentation du secteur.
Près de 120 campings menacés
Cette exposition n’est pas homogène, mais elle tend à s’aggraver sous l’effet du changement climatique. Un camping sur quatre est exposé au risque d’inondation, tandis qu’un sur cinq est concerné par les feux de forêt. Le recul du trait de côte pourrait également menacer près de 120 établissements à l’horizon 2050. En particulier sur les façades atlantique et méditerranéenne. Certains territoires apparaissent particulièrement vulnérables, comme la Vendée, la Charente-Maritime ou l’Hérault.
Sur le terrain, les professionnels s’adaptent progressivement. En Charente-Maritime, un camping situé en bord de rivière a ainsi repensé une partie de ses installations après plusieurs épisodes de crues ces dernières années. Hébergements surélevés, structures démontables ou encore matériaux résistants à l’humidité font désormais partie des solutions mises en œuvre pour limiter les dégâts. Malgré ces aménagements, les inondations survenues en début d’année ont entraîné des pertes significatives et un report de l’ouverture de la saison.
Sur le littoral, d’autres stratégies sont à l’œuvre. Dans certaines zones, des bungalows sont déplacés en retrait, tandis que des ouvrages de protection sont renforcés pour ralentir l’érosion. Mais ces réponses restent souvent ponctuelles face à des phénomènes appelés à s’intensifier. À plus long terme, certains sites pourraient être contraints de disparaître ou de se relocaliser. Une perspective encore difficile à concrétiser dans le cadre réglementaire actuel.
Un cadre réglementaire contraignant
La question de l’adaptation se heurte en effet à plusieurs limites. Les règles d’urbanisme et de protection du littoral compliquent les projets de déplacement ou de transformation des campings. La FNHPA plaide pour la mise en place de dispositifs spécifiques. « Il faut absolument s’adapter dès maintenant pour réduire la vulnérabilité, en aménageant l’intérieur des établissements avec des étages, des constructions sur pilotis. Ou en relocalisant. Mais dans la majorité des cas, la législation ne le permet pas », explique Nicolas Dayot, le président de la fédération.
Des équilibres économiques fragilisés
À ces contraintes s’ajoutent des enjeux économiques croissants. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des sinistres pèse sur la capacité des exploitants à s’assurer. Selon un rapport récent de la Cour des comptes, la soutenabilité du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles est fragilisée par le changement climatique. Dans certains cas, les franchises atteignent des niveaux élevés, rendant difficile la couverture des risques pour les exploitants les plus exposés.
Cette situation intervient alors que l’hôtellerie de plein air occupe une place centrale dans le tourisme français. Avec plus de 141 millions de nuitées annuelles, la France se positionne comme le premier marché européen. Le deuxième au niveau mondial en capacité d’accueil. Mais le secteur a déjà connu une contraction significative, avec la disparition d’environ 1 600 campings en vingt-cinq ans, une tendance qui tend à s’accélérer. « Si l’on perd les campings, c’est l’effondrement du littoral français dans lequel le tourisme est le secteur économique le plus important », prévient Nicolas Dayot.
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