Air France-KLM face à de nombreux défis malgré un premier trimestre positif​Margot Ladiray

Le groupe franco-néerlandais affiche des résultats encourageants pour ce début d’année, avec une perte opérationnelle réduite. Toutefois, la situation au Moyen-Orient et l’envolée attendue des prix du carburant viennent assombrir les objectifs annuels, tout comme la transition coûteuse de Transavia à Orly.

Le groupe Air France-KLM a publié ses résultats pour le premier trimestre 2026 et affiche un chiffre d’affaires en hausse de 4,4%, pour atteindre 7,47 milliards d’euros. Le résultat opérationnel reste négatif à hauteur de -27 millions d’euros, mais le groupe précise que ce résultat marque une amélioration significative de 301 millions d’euros par rapport à la même période l’année précédente. Avec 22,3 millions de passagers transportés depuis le début de l’année, cette trajectoire ascendante s’inscrit dans un contexte mondial complexe, caractérisé par des tensions géopolitiques majeures et une pression sur les coûts opérationnels.

L’impact du conflit au Moyen-Orient

Et le transporteur subit les conséquences de la crise géopolitique au Moyen-Orient. Les opérations directes vers la région ont logiquement été impactées, entraînant l’annulation de la totalité des vols à destination d’Israël, du Liban et de l’Arabie saoudite, avec un impact considérable sur les réservations de la filiale Transavia vers les pays limitrophes. Ce retrait forcé s’est cependant accompagné d’un effet favorable sur d’autres axes.
 
 
Selon le groupe, la réduction des capacités opérées par les compagnies du Golfe sur les routes long-courriers a permis à Air France-KLM de capter une demande de report, particulièrement vers l’Asie et l’Afrique de l’Est. Sur le réseau asiatique, la recette unitaire a ainsi bondi de 8,1%, compensant la perte des lignes moyen-orientales. 

Le défi structurel du coût du carburant

Si le groupe a su contourner l’obstacle géopolitique sur le plan des capacités, l’inflation du prix du carburant représente une menace financière beaucoup plus lourde. Le premier trimestre affiche paradoxalement une baisse de la facture de kérosène de l’ordre de 86 millions d’euros en raison d’un décalage temporel de comptabilisation, mais le choc à venir s’annonce important.
 
 
Air France-KLM anticipe une facture globale de carburant de 9,3 milliards de dollars pour l’ensemble de l’exercice 2026, ce qui constitue une hausse de 2,4 milliards de dollars par rapport à 2025. Le deuxième trimestre devra à lui seul absorber un surcoût estimé à 1,1 milliard de dollars. Pour endiguer cette flambée des prix, la direction a d’ores et déjà activé plusieurs leviers de crise, allant de l’augmentation des surcharges tarifaires sur les billets au gel des recrutements dans les fonctions supports. « Si la hausse des prix du carburant ne se reflète pas encore dans les résultats que nous présentons aujourd’hui, elle pèsera sur les prochains trimestres. Nous avons d’ores et déjà mis en place des mesures visant à soutenir notre performance financière grâce à une gestion rigoureuse des coûts et continuons de suivre la situation de près. Bien que l’environnement demeure incertain, nous restons pleinement engagés dans l’exécution de notre stratégie », a déclaré Benjamin Smith, Directeur général du Groupe. 

Transavia à Orly : un pari stratégique coûteux à court terme

En parallèle des secousses externes, Air France-KLM doit piloter les répercussions financières de sa réorganisation interne, notamment le basculement opéré à l’aéroport de Paris-Orly. La filiale à bas coûts Transavia a finalisé au premier trimestre la reprise de l’ensemble des créneaux de vol historiques laissés par Air France. Sur le plan des volumes, la low cost comptabilise plus de 5,07 millions de passagers transportés et une capacité en hausse de 13,3%. Néanmoins, le résultat opérationnel de Transavia s’établit à -232 millions d’euros, accusant une dégradation de 27 millions d’euros sur un an. Dans le même temps, la recette unitaire de la compagnie a reculé de 3,9%.
 
Face au contexte, le groupe franco-néerlandais a logiquement ajusté ses perspectives pour l’année 2026. Afin de conserver une certaine souplesse, la direction a revu à la baisse ses prévisions de capacité. Elle table désormais sur une augmentation comprise entre +2% et +4% par rapport à 2025 (contre une fourchette initiale de +3% à +5 %). Pour préserver sa trésorerie et son bilan annuel, Air France-KLM a également décidé de limiter ses dépenses d’investissements nettes, qui resteront sous la barre des 3 milliards d’euros cette année.
 
 
 
 
 
 
 
 

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