Hyatt France : « une stratégie multimarque pour répondre à tous les segments »​David Savary

Le groupe hôtelier américain, qui compte près de 140 000 chambres en Europe, poursuit son développement à l’international, notamment dans l’Hexagone. « La France constitue le cinquième marché en termes de présence sur la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) », souligne Alice Mafaity.

Le groupe s’appuie sur une clientèle largement internationale, soutenue par son programme de fidélité qui compte 63 millions de membres et génère près de la moitié des nuitées. La clientèle américaine constitue le premier marché pour Hyatt en France, devant les clientèles européennes. La clientèle domestique reste présente, mais le mix demeure dominé par l’international, en particulier à Paris et dans les grandes destinations touristiques.

Hyatt France : 13 hôtels sous huit marques

Dans l’Hexagone, Hyatt, via huit marques, s’appuie sur un portefeuille d’une douzaine d’hôtels, principalement concentrés à Paris, mais aussi en région. Parmi les ouvertures récentes figurent le FirstName Toulouse, JdV by Hyatt ; et le Hyatt Centric Reims. « En complément des grandes métropoles, nous portons une attention particulière aux villes secondaires. Ces destinations gagnent en attractivité, aussi bien pour le tourisme d’affaires que pour les séjours loisirs. Nous nous devons d’accompagner cette évolution », explique la responsable.

La Côte d’Azur, un marché en plein essor

Outre la rénovation en cours de l’hôtel Martinez (The Unbound Collection by Hyatt) à Cannes, Hyatt France mise sur la réouverture, le 8 juin prochain, du Palais de la Méditerranée à Nice, également sous la marque Unbound Collection. Désormais positionné sur le segment du « lifestyle de luxe », cet établissement de 145 chambres et 28 suites est pensé comme « une destination à part entière ».

Alice Mafaity (Hyatt France) : « une stratégie multimarque pour répondre à tous les segments »
À Nice, le Palais de la Méditerranée réouvre ses portes le 8 juin prochain. © Hyatt

Cette ouverture s’inscrit dans la dynamique particulièrement porteuse de la Côte d’Azur, notamment à Nice et Cannes. « La modernisation des infrastructures, qu’il s’agisse des aéroports et centres de congrès, renforce l’attractivité de la région, désormais incontournable tant pour le tourisme d’affaires que de loisirs », poursuit Alice Mafaity.

Le groupe ne privilégie toutefois aucun segment de clientèle en particulier. « Nous déployons une stratégie multimarque afin de répondre à une diversité de besoins, du luxe au lifestyle, en passant par les séjours d’affaires et de loisirs », précise la directrice du Hyatt Regency Paris Étoile.

L’expérience client et le Mice comme leviers de croissance

Au-delà de la croissance, le groupe met l’accent sur l’expérience client, devenue centrale dans sa stratégie. L’enjeu est notamment d’inscrire les établissements dans des dynamiques événementielles et territoriales, qu’il s’agisse de grands rendez-vous sportifs ou culturels. La proximité avec des infrastructures clés – palais des congrès ou zones événementielles – constitue à ce titre un levier important pour capter une clientèle mixte affaires-loisirs.

Cette tendance se reflète dans les performances récentes : le segment Mice affiche une progression de 10% par rapport à 2023, tandis que le « bleisure » – combinant déplacements professionnels et séjours de loisirs – pourrait croître de 50% d’ici 2030 selon Hyatt. En France, cette dynamique se traduit par une activité soutenue, avec près de 20 000 demandes enregistrées en 2024, en hausse de 2% sur un an.

Guerre au Moyen-Orient : « la demande reste là » malgré les incertitudes

Comme l’ensemble du secteur, Hyatt évolue dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques, notamment la guerre au Moyen-Orient, qui continuent de peser sur la visibilité des réservations. Sans remettre en cause ses perspectives, le groupe observe des ajustements ponctuels, dans un contexte où la demande reste présente mais plus volatile.

« Aujourd’hui, il y a des hauts et des bas, mais la demande reste là », indique Alice Mafaity. Cette volatilité se traduit notamment par des décalages ou des arbitrages de dernière minute, en particulier sur certaines clientèles long-courriers. « La clientèle américaine continue de venir, même si elle peut se montrer plus prudente ou ajuster ses dates », précise-t-elle. Ces incertitudes ont également des effets indirects sur les déplacements professionnels et/ou Mice.

Hyatt France : « une stratégie multimarque pour répondre à tous les segments »