French bee face à un préavis de grève de ses pilotes du 13 au 18 mai​Eglantine L’Haridon

C’est un nouveau point de tension sociale au sein de la compagnie française low cost long-courrier du groupe Dubreuil. Les pilotes de French bee ont, comme le révélaient nos confrères de Challenges, déposé à leur tour un préavis de grève.

Le mouvement, initié par une organisation représentative du personnel navigant technique (PNT), couvre la période du mercredi 13 au lundi 18 mai 2026. Il intervient quelques semaines après un précédent préavis déposé par les personnels navigants commerciaux (PNC), hôtesses et stewards, finalement levé à la suite d’avancées obtenues dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO).

« Profond malaise » du PNT

Le préavis des pilotes s’inscrit également dans le cadre des NAO 2026, dont les discussions portent notamment sur les rémunérations. La section French bee du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) reproche à la direction de refuser une revalorisation jugée suffisante. Le syndicat affirme que les pilotes ont massivement rejeté la proposition formulée par l’entreprise, estimant qu’elle ne répond pas au « profond malaise » installé parmi le personnel navigant technique.

Au cœur du différend figure l’évolution des rémunérations depuis la création de French bee, en 2016. D’après le SNPL, les pilotes n’auraient bénéficié d’aucune revalorisation salariale structurelle significative depuis cette date. Le syndicat souligne également que le salaire minimum serait gelé depuis deux ans, contrairement à ce qui prévaudrait chez Air Caraïbes, compagnie sœur appartenant elle aussi au groupe Dubreuil.

Revalorisation salariale

Les pilotes mettent aussi en avant les conséquences de l’évolution du réseau de French bee : la réduction du nombre d’heures de vol aurait, selon eux, pesé sur leurs revenus et ralenti leur progression de carrière. Chez French bee, celle-ci serait indexée exclusivement sur les heures de vol, et non sur l’ancienneté, un mode de fonctionnement que le SNPL oppose aux pratiques plus courantes dans les compagnies françaises. Les pilotes demandent ainsi une revalorisation tenant compte de l’inflation, du niveau de responsabilité associé au long-courrier et des tâches accomplies en dehors des heures de vol.

French bee a confirmé à L’Écho touristique le dépôt d’un préavis par une organisation représentative du PNT. La compagnie indique prendre acte du mouvement « dans le contexte des échanges en cours » et assure rester « pleinement engagée dans la poursuite du dialogue avec les représentants du personnel ». Elle précise ne pas commenter le détail des discussions, qu’elle renvoie au cadre du dialogue social.

La direction affirme par ailleurs être mobilisée pour assurer son programme de vols et accompagner ses passagers « dans les meilleures conditions possibles ». Elle rappelle enfin que la sécurité des vols et la santé des équipages constituent des « priorités absolues », dans le respect du cadre réglementaire applicable. Le SNPL, de son côté, dit souhaiter une issue négociée et appelle la direction ainsi que l’actionnaire familial Dubreuil à reprendre rapidement les discussions.

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