
Comment se profile la saison estivale 2026 dans les campings français ? Avant de répondre, Nicolas Dayot, président de la Fédération de l’hôtellerie de plein air (FNHPA), évoque un mois de juin en recul pour des raisons calendaires. De fait, le mois de mai, en hausse, a concentré tous les ponts du printemps. La dynamique de juin reste, elle, suspendue à la météo, qui conditionne largement les départs de dernière minute.
Plus de proximité
« Sur le printemps, la moitié nord a un peu mieux tiré son épingle du jeu que la moitié sud, notamment le Grand Est et l’Ile-de-France », poursuit Nicolas Dayot. La raison ? La présence de bassins émetteurs de proximité, comme l’Europe du Nord pour le Grand Est et l’Ile-de-France pour la Normandie. Les clients privilégient des destinations proches afin de limiter leurs dépenses de carburant.

La guerre au Moyen-Orient et la hausse du prix du carburant ont perturbé l’activité de cœur d’été, soit les mois de juillet et d’août.
Avant le début du conflit, la dynamique était plutôt positive. Ensuite, les clients ont montré de l’attentisme et repositionné leur projet de vacances pour choisir « plus de proximité ». Au lieu d’envisager d’aller à Argelès, des Lillois se sont repliés sur Deauville, illustre Nicolas Dayot.
Un CA qui devrait baisser cet été
« Les réservations ont repris un rythme normal après le ralentissement du 15 mars au 15 avril », se réjouit désormais Nicolas Dayot. « À date, les nuitées pour la saison entière progressent de 1%, mais avec un chiffre d’affaires légèrement en retrait. » Français et Européens sont au rendez-vous — mais avec un portefeuille plus serré.
« L’évolution des réservations en emplacement nu est deux fois plus forte que celle des locatifs », ajoute-t-il. Autrement dit, les terrains nus sur lesquels on pose sa tente ou sa caravane, plus économiques, enregistrent une bien meilleure dynamique que le locatif type mobilhome.
La revanche du nord ?
Les campings 3 étoiles progressent aussi, après plusieurs années de baisse en sortie de Covid, autre signe tangible d’une recherche de vacances au budget optimisé. Les 4 et 5 étoiles affichent de moins bonnes performances.
Comme au printemps, la moitié nord semble mieux résister que la moitié sud sur la période des vacances scolaires. Le Grand Ouest et le Grand Est séduisent, en particulier la Bourgogne-Franche-Comté. Toutefois, les quatre régions du sud représentent environ 65 % de l’ensemble des nuitées sur la période.
Plus de proximité, aussi, chez Airbnb
Le leader de la location saisonnière Airbnb observe lui aussi une progression des recherches et des réservations dans des destinations plus proches. « Habituellement, 70% des réservations des Français sont en France. Depuis le début de l’année, c’est quelques points de plus », a indiqué hier Clément Eulry, directeur France et Belgique, à L’Écho touristique. « En raison de contraintes assez fortes de pouvoir d’achat, les vacanciers cherchent des options moins chères. Les séjours dans leur propre région affichent une croissance à deux chiffres. » Les Lyonnais choisissent par exemple une adresse dans les Alpes. Clément Eulry reste confiant pour la saison estivale 2026. « Les réservations progressent cet été, qu’il s’agisse des Français partant en France ou des Européens choisissant la destination France. »
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