
Le groupe hôtelier espagnol Meliá annonce l’arrêt de toutes ses activités touristiques à Cuba « avec effet immédiat », en raison de « la situation actuelle », au moment où l’île communiste est sous pression croissante des États-Unis. « Face aux événements et aux circonstances qui se succèdent dans le contexte géopolitique, social, juridique et économique de la République de Cuba, Meliá Hotels International informe (…) qu’elle a pris la décision de mettre fin immédiatement à la prestation de services de gestion et de commercialisation » de 15 hôtels à Cuba, indique l’entreprise. Meliá est le plus grand opérateur hôtelier international de l’île révolutionnaire.
Quelques heures plus tôt, c’est un autre géant espagnol de l’hôtellerie, Iberostar, qui annonçait cesser la gestion et la commercialisation de 12 de ses 18 hôtels à Cuba. Les 12 établissements concernés appartiennent à Gaviota, la filiale hôtelière du Grupo de Administration Empresarial S.A. (Gaesa), le conglomérat militaire qui contrôle une part majoritaire de l’économie cubaine. Et c’est précisément ce conglomérat qui est visé par l’administration Trump.
La grande majorité des hôtels sont « actuellement fermés » à Cuba
Le président des Etats-Unis a signé, le 1er mai dernier, le décret présidentiel 14404 prévoyant l’application de sanctions secondaires pour les entreprises étrangères ayant des liens économiques avec Gaesa et ses filiales. Ces entreprises ont jusqu’au 5 juin pour rompre ces liens. Dans son communiqué, Meliá ne mentionne toutefois pas explicitement l’administration américaine. L’hôtelier explique que sa décision « résulte d’une combinaison de circonstances survenues indépendamment de la capacité de gestion ou d’action » du groupe, « lesquelles ont toutes eu un impact significatif sur l’exploitation » de ses établissements.
« L’impact de cette décision est limité dans la mesure où la grande majorité des hôtels sont actuellement fermés et sans activité en raison des problèmes énergétiques et de la chute de la demande que connaît la République de Cuba », a par ailleurs précisé l’entreprise espagnole. Des arguments également avancés par Blue Diamond, une chaîne hôtelière canadienne qui a, elle aussi, annoncé son départ de l’île caribéenne. Meliá avait été le premier groupe hôtelier étranger à s’implanter à Cuba après que Fidel Castro eut ouvert le pays au tourisme international afin de sortir de la crise provoquée par la chute du bloc soviétique en 1991.
2026, la pire année de l’histoire économique de Cuba de « ces 70 dernières années »
Créé en 1995, Gaesa a toujours eu pour but de faire face à l’embargo américain en vigueur depuis 1962 et de générer des devises. Son objectif ? Faire fonctionner l’économie cubaine, assure le gouvernement. Washington l’accuse d’être « le noyau du système communiste kleptocratique de Cuba » et d’avoir notamment détourné jusqu’à 20 milliards de dollars d’actifs illicites vers des comptes bancaires cachés à l’étranger.
« L’impact pour l’économie cubaine du départ de toutes ces entreprises internationales à court et moyen terme est dévastateur », estime l’économiste cubain Daniel Torralbas. Cela « fait de 2026 la pire année de l’histoire économique de Cuba de ces 70 dernières années ». Outre l’embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington impose depuis janvier à Cuba un blocus pétrolier sévère. Un seul pétrolier russe a ainsi été autorisé à débarquer sur l’île depuis.
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