Aérien : le WTTC vent debout contre le système européen EES​Linda Lainé

Selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC), les dépenses et les arrivées de visiteurs prévues en Europe risquent de diminuer en raison du déploiement du nouveau système d’entrée/sortie (EES) dans l’espace Schengen.

Une étude alarmiste

Le WTTC s’appuie sur un sondage mené en mai 2026 auprès de plus de 2 500 voyageurs internationaux originaires des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et d’Australie.

Résultat : « si les voyageurs devaient régulièrement faire face à des attentes d’attente de trois à quatre heures aux frontières lors de leur entrée dans l’espace Schengen, environ un tiers d’entre eux seraient beaucoup moins enclins à se rendre dans l’espace Schengen ou choisiraient de ne pas s’y rendre du tout ». En appliquant ce taux d’un tiers aux prévisions de fréquentation pour 2026, l’étude avance des estimations alarmistes : « si les files d’attente aux frontières dépassent régulièrement trois heures, jusqu’à 41 millions d’arrivées de visiteurs et 45,4 milliards de dollars de dépenses touristiques pourraient être menacés dans l’ensemble de l’espace Schengen ».

Il convient toutefois de noter que le WTTC part d’un postulat catastrophique qui a influencé les personnes interrogées : un retard de trois à quatre heures, évidemment dissuasif. 

Un déploiement graduel

Le système EES, qui substitue l’enregistrement biométrique (visage et empreintes) aux tampons manuels pour les ressortissants de pays tiers, est partiellement opérationnel depuis octobre 2025. L’enregistrement de 100% des passagers éligibles est devenu effectif le 9 avril 2026, mais avec une grande flexibilité pendant l’été prochain

Ce nouveau dispositif a créé des retards de plusieurs heures dans les aéroports à travers l’Europe. Selon le Conseil européen des aéroports (ACI Europe), son déploiement avec collecte des données biométriques des ressortissants de pays tiers entrant dans l’espace Schengen a entraîné une augmentation des temps de contrôle aux frontières pouvant atteindre 70%, avec des temps d’attente allant jusqu’à 3 heures aux heures de pointe.

D’après le sondage du WTTC, plus de la moitié des voyageurs (55%) n’ont que peu ou pas entendu parler de l’EES. Par ailleurs, 49% ne savent pas ce qu’on leur demandera à l’entrée ou à la sortie de l’espace Schengen. Toutefois, 65% des voyageurs internationaux soutiennent le système EES quand on leur en explique les principes.

Aérien : le WTTC vent debout contre le système européen EES