
La GBTA Foundation vient de publier son rapport d’impact 2025, dont les chiffres confirment qu’en matière de durabilité, les bonnes intentions ne suffisent pas.
Selon le dernier rapport de la GBTA Foundation, qui analyse le comportement de 435 entreprises représentant 35 milliards de dollars de dépenses annuelles en voyages d’affaires, le score moyen de maturité durabilité des programmes voyage est de 1,4 sur 5. A titre de comparaison, ce score était de 1,3 en 2024 : le secteur n’a donc progressé que de 0,1 point en un an. Pour atteindre l’objectif fixé à 2030, il faudrait engranger 14 fois plus de progrès chaque année que ce qui a été accompli entre 2024 et 2025. Les disparités géographiques sont également frappantes puisque les entreprises européennes affichent un score de 1,7, les entreprises nord-américaines à 1, et les asiatiques à 0,7, indique le rapport. Autre paradoxe révélateur : ce sont les grandes entreprises, celles dont les dépenses voyages dépassent 500 millions de dollars, qui ont régressé cette année. Les plus petites structures, elles, progressent, voyant dans la durabilité un levier de différenciation.
Le SAF, reflet d’une adoption encore trop timide
Côté carburant d’aviation durable, le taux d’adoption est à la hausse, mais le niveau de départ reste très bas. En 2025, 20% des entreprises interrogées déclarent avoir acheté du SAF pour réduire leurs émissions de voyage d’affaires, soit 5 points de plus qu’en 2024. Une progression portée par la multiplication des programmes corporates développés par les compagnies aériennes et par de nouvelles modalités d’achat comme le « mass-balance », un mécanisme comptable qui permet à une entreprise de financer l’injection de SAF dans le réseau de distribution global, sans que ce carburant soit nécessairement chargé dans l’avion qu’elle emprunte.
Concrètement, l’acheteur paie la différence de coût entre le kérosène classique et le SAF, et la compagnie s’engage à injecter un volume équivalent dans le système. Mais cela veut aussi dire que 80% des entreprises n’ont pas encore franchi le pas, alors que le SAF représente toujours moins de 1% de la consommation mondiale. Alice Ashpitel, Head of Sustainability chez Mercedes-AMG PETRONAS F1, déclare : « Trop d’entreprises restent dans l’attentisme par incertitude. Commencer petit, c’est non seulement possible, c’est souvent la façon la plus efficace de gagner en confiance et de monter en puissance progressivement. »
L’échéance très serrée de 2030
Delphine Millot, directrice générale de la GBTA Foundation et SVP Sustainability de la GBTA, confirme les objectifs : doubler le score de maturité sectorielle d’ici 2030, porter à 50% la proportion d’entreprises achetant du SAF, et faire passer de 60% à 90% la part des entreprises intégrant réellement la durabilité dans leurs politiques voyages et leurs processus d’achat. L’Acceleration Challenge lui-même doit passer de 435 entreprises représentant 35 milliards de dollars à plus de 1.000 sociétés cumulant 100 milliards de dollars de dépenses annuelles.
Des ambitions que la Fondation entend concrétiser notamment via le lancement, en septembre prochain, du SAF Corporate Connect : une communauté dédiée qui doit permettre aux entreprises d’échanger sur leurs pratiques d’achat de SAF, de partager les blocages qu’elles rencontrent et de monter en compétence collectivement. Le compte à rebours est lancé.
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