
Propriété du roi du Maroc, la collection Royal Mansour poursuit son développement. Après l’ouverture d’une première unité à Marrakech (53 riads) en 2010, puis de deux autres l’an dernier à Casablanca (149 chambres et suites) et à Tamuda Bay (55 villas), Jean-Claude Messant, directeur général de Royal Mansour Collection, annonce l’inauguration, prévue pour la fin 2028, « d’un complexe de 55 à 60 clés dans un nouveau quartier, à côté du Théâtre Royal de Rabat ».
Aucun projet à l’international
Un second établissement, le cinquième au total, devrait suivre un an plus tard dans une destination gardée secrète. « Les travaux de terrassement ont été réalisés. Nous venons de couler les premières fondations, mais nous ne souhaitons pas communiquer davantage à ce stade », explique le dirigeant. Seule certitude, ce futur hôtel verra le jour au Maroc. « Nous ne quitterons pas le Royaume. Il n’y a aucun projet à l’international », assure Jean-Claude Messant.
Pour Royal Mansour, le luxe ne se résume pas à la qualité des infrastructures, mais à l’expérience vécue par le client. Le groupe ambitionne ainsi de faire de l’hospitalité un véritable art de vivre, où le service, l’émotion et l’attention portée au moindre détail constituent les principaux marqueurs de différenciation.
Près de 2 000 collaborateurs
« Dans un hôtel Ibis, vous pouvez disposer d’une chambre confortable, d’une télévision et d’une salle de bain pour 150 euros la nuit. Chez Royal Mansour, vous retrouvez les mêmes fondamentaux pour 3 000 euros la nuit. La différence, c’est l’émotion que nous créons, le niveau de service et l’attention portée à chaque détail », résume Jean-Claude Messant. Et d’ajouter : « Si La Mamounia à Marrakech est un hôtel de légende, nous voulons être les premiers à créer de l’ultra-luxe ».
Cette quête de l’excellence repose également sur un important capital humain. « Nous employons près de 2 000 collaborateurs. Derrière chacun d’eux, il y a une famille. Au final, ce sont entre 15 000 et 20 000 personnes qui vivent, directement ou indirectement, de l’activité de Royal Mansour. Cela donne une idée de la responsabilité qui est la nôtre », poursuit le dirigeant.
Sur le plan opérationnel, l’établissement de Marrakech affiche un taux d’occupation moyen de 70%. Les deux autres adresses du groupe, à Casablanca et à Tamuda Bay, enregistrent des performances plus modestes, ces établissements étant encore dans une phase de montée en puissance. Aucun chiffre précis n’a toutefois été communiqué. Les principales clientèles sont américaines, françaises, britanniques, avec aussi un début d’ouverture sur le marché chinois.
La formation au cœur de la stratégie de croissance
Pour accompagner son développement et répondre à ses besoins croissants en talents, Royal Mansour mise sur la formation. Son école hôtelière, récemment transférée de Marrakech à Rabat, constitue un levier stratégique dans cette démarche. Depuis sa création, elle a déjà formé 450 étudiants, dont 90% ont intégré les effectifs de la Royal Mansour Collection.
Le luxe, vitrine du tourisme marocain
Présent au World Tour Royal Mansour à Paris, Achraf Fayda, directeur général de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), a souligné le rôle stratégique du segment haut de gamme dans le développement touristique du Royaume. Selon lui, des établissements comme ceux de la Royal Mansour Collection dépassent leur seule contribution économique, « ils renforcent l’image de marque du Maroc, tirent l’ensemble de la destination vers le haut et servent de vitrine de l’excellence marocaine ».

Cap sur les 30 millions de visiteurs
À l’approche de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, le pays affiche de fortes ambitions touristiques. Avec près de 20 millions de visiteurs en 2025 pour 40 millions d’habitants, le Royaume dispose encore d’un important potentiel de croissance. « Atteindre un ratio d’un touriste par habitant nous amènerait à 40 millions de visiteurs. Cet objectif nous paraît réaliste à long terme », estime Achraf Fayda.
L’objectif officiel fixé pour 2030 est de 26 millions de visiteurs. Toutefois, l’ONMT vise désormais les 30 millions, porté par une dynamique jugée plus favorable que prévu. Pour son directeur général, la Coupe du monde ne constitue pas une finalité mais un accélérateur de transformation. « Nous préparons le Maroc de l’après-2030 », affirme-t-il, en s’inspirant notamment de l’exemple espagnol, qui a su capitaliser sur les grands événements internationaux pour développer durablement son industrie touristique.
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