Le ciel du Kazakhstan s’ouvre aux compagnies européennes​David Keller-Posalski

Le ciel du Kazakhstan s'ouvre aux compagnies européennes

Le Kazakhstan étant l’une des grandes destinations mondiales du secteur pétrolier et gazier – avec des acteurs comme TotalEnergies, Chevron ou Shell implantés sur les gisements de Tengiz et Kachagan, les travel managers des groupes concernés vont devoir réexaminer leurs options de routing. Jusqu’ici contraints par les restrictions des accords bilatéraux, ils disposeront bientôt d’un éventail de compagnies éligibles potentiellement bien plus large.

La scène s’est jouée à Bruxelles, en marge de la visite officielle du président kazakh Kassym-Jomart Tokayev dans la capitale européenne. C’est là, en présence de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et du président du Conseil européen Antonio Costa, qu’Apostolos Tzitzikostas, commissaire européen aux transports durables et au tourisme, et Nurlan Sauranbayev, ministre des Transports du Kazakhstan, ont apposé leur signature au bas d’un accord aérien dit « horizontal ». Un texte discret en apparence, mais dont la portée est réelle : il redessine les règles d’accès au marché aérien entre l’UE et le Kazakhstan pour dix-sept États membres, en substituant à une logique de nationalité un cadre communautaire ouvert à l’ensemble des transporteurs européens.

Dix-sept pays membres concernés

L’accord s’applique aux États membres de l’UE qui ne disposaient pas encore d’un accord bilatéral de services aériens avec le Kazakhstan autorisant ce type de services. Ils sont dix-sept : l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Tchéquie, l’Allemagne, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, la Hongrie, la Lituanie, le Luxembourg, la Lettonie, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède. Jusqu’à présent, les accords bilatéraux en vigueur dans ces pays réservaient l’exploitation des routes concernées aux seules compagnies détenues ou contrôlées par des ressortissants de l’État membre signataire ou du Kazakhstan.

Cette clause de nationalité, héritée d’un droit aérien conçu à une époque où les liaisons internationales restaient une affaire strictement interétatique, disparaît pour ces dix-sept marchés. Désormais, tout transporteur immatriculé dans l’UE pourra, sous réserve des autorisations réglementaires habituelles, postuler à l’ouverture de nouvelles liaisons vers le Kazakhstan depuis l’un de ces pays. En clair : une compagnie polonaise souhaitant desservir Almaty, ou un transporteur finlandais voulant ouvrir une route vers Astana, ne se heurtera plus à ce verrou juridique.

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Un ciel plus ouvert

La signature s’inscrit dans une politique d’accords aériens horizontaux que l’Union européenne mène depuis plusieurs années, avec pour objectif d’harmoniser le cadre juridique des liaisons avec les pays tiers. La logique est simple : remplacer les multiples accords bilatéraux hétérogènes par un texte communautaire unique, garantissant les mêmes droits d’accès à l’ensemble des compagnies de l’UE. Les deux parties doivent désormais achever leurs procédures internes respectives avant que le texte n’entre en vigueur.

Pour Apostolos Tzitzikostas, la signature de cet accord « reflète notre engagement commun à renforcer la coopération, à améliorer la connectivité entre nos régions et à rapprocher nos populations et nos économies », et constitue, selon lui, un socle pour approfondir le partenariat aérien entre les deux blocs. Sur le fond, cet accord intervient dans un contexte où les routes entre l’Europe et l’Asie centrale ont pris une importance accrue depuis la fermeture de l’espace aérien russe en 2022, qui a contraint de nombreuses compagnies à revoir leurs itinéraires et ouvert de nouvelles perspectives commerciales pour les pays de transit de la région, Kazakhstan en tête.

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