
Les agences de voyages européennes vont-elles devoir restituer leurs honoraires en cas d’annulation de vol ? C’est ce que prévoit un accord provisoire signé par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne portant sur la révision des droits des passagers aériens, inchangés depuis 2004. L’Association des agents de voyages et tour-opérateurs européens (Ectaa), qui défend les intérêts des agences de voyages et des tour-opérateurs à l’échelle européenne, est vent debout contre la mesure qu’elle qualifie de « punitive ».
En vertu des nouvelles règles, les passagers pourront exiger un remboursement intégral en cas d’annulation de vol, frais d’intermédiation inclus. Et c’est ce dernier point qui crispe l’association. Concrètement, si une compagnie aérienne annule un vol, l’agence de voyages devra rembourser ses propres honoraires, alors même que les services (conseils, comparaison d’offres, construction d’itinéraires, gestion de politique voyages d’entreprise, reporting…) ont déjà été rendus.
Laisser le choix à des clients « parfaitement conscients »
Des prestations réelles, documentées et facturées qui deviendraient remboursables à cause d’une annulation pour laquelle les agences n’ont aucune prise. « Non seulement les intermédiaires devraient gérer la procédure de remboursement sans compensation, mais ils perdraient également la rémunération de services déjà intégralement fournis », souligne l’Ectaa.
L’association soulève également un argument de fond : celui de laisser le choix aux clients. « Les clients choisissent en toute connaissance de cause de recourir à des canaux de distribution indirects et sont parfaitement conscients des avantages et services associés. Les règles convenues ignorent ce choix éclairé et aboutissent à une situation inéquitable », estime l’Ectaa. L’organisation a même proposé une alternative misant sur la transparence. Elle suggère que l’intermédiaire « informe clairement le client, au moment de la vente, du montant exact remboursable en cas d’annulation, tout en préservant une rémunération équitable pour les services rendus. » Sans succès.
L’accord doit encore être formellement adopté par le Parlement et le Conseil, d’ici à la fin de l’année. Une fois publié au Journal officiel, les nouvelles règles s’appliqueront dans un délai de douze mois. Soit, au plus tôt, fin 2027. L’Ectaa dispose donc de quelques mois pour tenter d’influer sur le contenu du texte.
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