Europe : les perturbations et ajustements de vols à anticiper pour l’été 2026​Eglantine L’Haridon

A l’ouverture de la saison estivale, le secteur aérien européen opère sous la contrainte de multiples mouvements sociaux. Si aucune paralysie globale ne menace le trafic à compter de ce 15 juillet 2026, des préavis ciblés impliquant contrôleurs, personnels au sol et navigants forcent les transporteurs, particulièrement les compagnies low-cost, à ajuster leurs capacités.

Réduction des plans de vol en Espagne

En Espagne, c’est le contrôle aérien régional qui constitue le principal point de friction. Les contrôleurs du prestataire privé SAERCO poursuivent, à ce jour, une grève illimitée entamée en avril. Le mouvement pénalise neuf aéroports dont Lanzarote, Fuerteventura et Séville. Le préavis court jusqu’à la fin du mois d’août. Ainsi, pour éviter les annulations de dernière minute, easyJet, Ryanair, Volotea, Vueling et Wizz Air ont tous réduit la voilure : leurs programmes estivaux intègrent déjà des réductions du plan de vol, et des fusions sur certains axes. Le gouvernement espagnol a toutefois décrété des services minimums afin de sécuriser la continuité territoriale.

Le calendrier social italien s’annonce plus fragmenté : à Milan-Malpensa, les personnels au sol ont déposé un préavis de grève pour le 21 juillet. Les plateformes de Rome-Fiumicino et Ciampino seront également menacées par un préavis de grève déposé par les agents de sécurité aéroportuaire, déposé le 9 juillet pour le 13 septembre 2026.

Menace d’une grève en France

A la mi-juillet, le trafic demeure stable en France, mais le mois d’août concentre d’importantes incertitudes. L’intersyndicale des personnels navigants commerciaux (PNC) de l’ensemble des compagnies basées dans l’Hexagone attend un arbitrage gouvernemental d’ici la fin du mois, portant sur la réforme du cumul emploi-retraite (CER) et de ses effets sur les pensions. En l’absence d’accord, les PNC menacent de poser des arrêts de travail.

Le climat social est particulièrement pesant chez easyJet : les syndicats dénoncent des plannings instables et des zones d’ombre liées au rachat de l’entreprise. Légalement, le déclenchement d’une grève exige toutefois un délai de prévenance de cinq jours.

Quels sont les droits des passagers ?

Concernant les droits des passagers, l’application du règlement européen CE 261/2004 varie selon l’origine de la grève : un mouvement externe au transporteur (contrôleurs aériens, agents de sécurité) relevant de la circonstance extraordinaire, les compagnies seraient tenues de réacheminer, rembourser et assister les voyageurs (repas, hébergement), mais resteraient exonérées d’indemnisation. A l’inverse, une grève interne (PNC, pilotes) impose le versement d’une compensation financière forfaitaire comprise entre 250 et 600 euros par passager.

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