L’UE étendra la taxe carbone aux vols internationaux de moins de 5.000 km dès 2029​Hugo Pellegrin

Bruxelles renforce sa politique climatique dans l’aérien en dépit de la levée de boucliers d’acteurs du secteur. Dès 2029, l’Union européenne étendra le système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS) aux vols internationaux de moins de 5.000 km. Jusque-là et en raison d’une dérogation, ce mécanisme de tarification carbone en vigueur depuis 2012 concernait uniquement les vols intra-européens.

Désormais, une liaison entre Paris et Istanbul sera soumise à ces coûts tandis que les trajets plus longs, comme ceux opérés vers Tokyo, la Chine ou New York, resteront exemptés de la mesure. La Commission Européenne précise que les vols en jet privé sont également soumis à cette taxation. 

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15 milliards d’investissement dans les SAF

Dès sa genèse, le projet a suscité une vive opposition de la part des transporteurs aériens européens fédérés, entre autres, au sein de l’alliance DESTINATION 2050 ou de l’association A4E (Airlines for Europe). Les compagnies aériennes voient notamment dans cette approche unilatérale un risque de nuire à la compétitivité européenne au profit d’acteurs étrangers, non-soumis aux mêmes restrictions. Face à ce constat, l’industrie appelle à renforcer le CORSIA, le mécanisme de compensation carbone de l’aviation internationale piloté par l’OACI. Si l’Europe donne la priorité à ce type d’accords multilatéraux elle est toutefois tenue d’étudier une tarification du carbone plus large si les efforts mondiaux s’avèrent insuffisants. Auquel cas, l’UE pourrait, dès 2032, étendre ces redevances à tous les vols internationaux au départ, quelle que soit la distance parcourue. Reste à voir si une nouvelle levée de boucliers des patrons de l’aviation poussera Bruxelles à reconsidérer la mesure.

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En parallèle, et pour aider l’industrie à poursuivre sa transition écologique, l’Europe prévoit d’injecter 15 milliards d’euros entre 2029 et 2040 pour soutenir la production des carburants durables (SAF). Soit dix fois plus que les 1,5 milliard d’euros déjà investis déjà sur une période de huit ans.

« Le message que nous adressons aujourd’hui est très clair : privilégiez l’électricité aux combustibles fossiles. Privilégiez les électrons verts, produits localement et moins chers, aux molécules noires, importées et coûteuses. Privilégiez l’indépendance à la vulnérabilité. Une transition accélérée vers les énergies propres, associée à l’électrification, est la réponse aux défis auxquels l’Europe est confrontée en matière de sécurité, de compétitivité et de décarbonisation », commente Dan Jørgensen, commissaire chargé de l’énergie et du logement, dans un communiqué. La proposition législative concernant l’évolution du système d’échange de quotas d’émission est attendue au troisième trimestre 2026.

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