
Le Syndicat des indépendants (SDI) et l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) appellent notamment les compagnies d’assurance à indemniser les « pertes d’exploitation » subies par les professionnels des zones touchées.
La prise en charge des pertes d’exploitation sans dommage matériel direct est rare pour les petites entreprises, qui ne peuvent généralement espérer être indemnisées que si leurs locaux ont subi des dommages directement causés par les incendies.
Assurance : un trou dans la raquette
« La plupart des contrats d’assurance conditionnent la prise en charge de la perte d’exploitation à l’existence de dommages matériels, a indiqué à L’Écho touristique Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA). Or, dans la quasi-totalité des campings évacués, il n’y a pas eu de destruction. Le camping n’a pas brûlé, mais il n’a pas pu fonctionner. Dans ce cas, les remboursements dus aux clients devront être assumés directement par les entreprises. »
Quelques contrats prévoient une indemnisation de la perte d’exploitation même en l’absence de dommages matériels, mais cela reste très minoritaire. Nous espérons que les assureurs accepteront un geste exceptionnel pour les campings évacués sur décision des autorités.
14 500 entreprises girondines paralysées
Selon la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) locale, environ 14 500 entreprises girondines sont paralysées, sur quelque 178 000 entreprises dans le département selon l’Insee. Bercy estime à environ 130 000 le nombre de salariés qui ne peuvent pas travailler, du fait des incendies.
Jugeant les entreprises du tourisme « affaiblies », le président de l’organisation patronale U2P, Michel Picon, a de son côté plaidé mardi sur la chaîne BFM Business pour la création d’ »un fonds de soutien financier ».
Le président de l’Union des entreprises de proximité a alerté sur le risque de voir des sociétés « disparaître définitivement », estimant que 20 000 entreprises pourraient être fragilisées.
Pour préserver la trésorerie de ces structures, les représentants patronaux demandent des mesures de soutien immédiats.
Thierry Marx exhorte les touristes à ne pas annuler
Le SDI réclame par exemple un rapport des échéances fiscales sans pénalité, tandis que l’Umih demande que le recours à l’activité partielle, un dispositif à l’État de prendre en charge une partie des salaires, soit ouvert à l’ensemble des départements touchés.
Dans un communiqué publié à la suite d’un entretien avec le ministre du Commerce Serge Papin, le président de l’Umih, Thierry Marx, a également exhorté les touristes à ne pas annuler automatiquement leurs séjours.
« Une annulation automatique de séjour peut avoir des conséquences considérables pour nos professionnels, souligne Thierry Marx. Malgré les incendies, l’offre touristique demeure pleinement accessible et d’une très grande qualité. Il est essentiel d’adresser un message de confiance aux visiteurs et de soutenir des professionnels qui restent ouverts, accueillants et mobilisés.
« Une crise qui est totalement inédite »
Les Entrepreneurs (ex-CPME) avaient par ailleurs annoncé lundi la création d’une cellule nationale de crise.
« On est face à une crise qui est totalement inédite, c’est du jamais vu », a alerté à l’AFP Cécile Despons, présidente de l’antenne girondine des Entrepreneurs.
Le gouvernement a promis des « réponses plus précises » aux « préoccupations » des entreprises affectées et réunira jeudi les acteurs économiques concernés au ministère de l’Économie. Interrogé mardi par L’Écho touristique, le cabinet du ministre précise que des discussions démarrent avec les assureurs pour éventuellement couvrir la perte générale d’activité.
Le mégafeu qui ravage la Gironde est « stabilisé » en ce mardi soir, mais l’arrivée d’un pic de chaleur mercredi inquiète les autorités.
Le tourisme, 7% du PIB girondin
Le tourisme représente 7% du PIB de la Gironde, pour environ 50 000 emplois. Au niveau de la région Nouvelle-Aquitaine, le secteur génère 14,8 milliards d’euros de retombées économiques (9% du PIB), pour plus de 140 000 emplois. Les Français constituent la première clientèle, devant les Européens. L’Insee positionne la Nouvelle-Aquitaine comme la troisième région touristique française en nombre de nuitées, derrière l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes.
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