Voyage : le salaire plancher du groupe A décroche du Smic​Linda Lainé

Environ 35 euros net de plus par mois pour un salarié payé au Smic : le salaire minimum a augmenté de 2,41% le 1er juin 2026 afin de suivre l’inflation.

Groupe A : 47,20 euros sous le Smic

Avec cette hausse automatique, le Smic mensuel passe à 1 867,02 euros en brut. En net, il atteint ainsi 1 477,93 euros, représentant une hausse de près de 35 euros par rapport à sa dernière revalorisation le 1er janvier 2026. Résultat : dans la branche des opérateurs de voyage, le salaire minimum du groupe A se situe largement sous le Smic, pour l’instant.

« Depuis la revalorisation du 1er janvier 2026, le salaire minimum du groupe A était déjà 3,21 euros en dessous du Smic », explique à L’Écho touristique Guillaume Beurdeley, secrétaire général adjoint des Entreprises du Voyage (EDV). Son montant atteint 1 819,82 euros en brut, soit désormais 47,20 euros sous le Smic.

« C’est le seul groupe concerné », ajoute Guillaume Beurdeley. Le groupe B, à 1 870,77 euros, reste effectivement 3,75 euros au-dessus du Smic…

Des négociations qui achoppent

Les négociations sur la grille salariale de la branche, entamées en janvier entre les EDV, le Syndicat des entreprises du tour-operating et les partenaires sociaux, « n’ont pas permis d’aboutir à un accord ». Des rencontres bimensuelles rassemblent tous ces représentants des dirigeants et des salariés.

Pour mémoire, les entreprises restent bien tenues de verser au moins le Smic, mais de nombreux salariés regrettent la faiblesse des rémunérations de base — un frein à l’attractivité de la branche.

Le secteur du voyage n’est pas un cas isolé : depuis le 1er juin, 70 % des branches professionnelles affichent des minima inférieurs au Smic.

Dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), les syndicats patronaux et de salariés du voyage avaient signé le 15 février 2024 un accord biannuel et global sur les salaires. Résultat : le salaire minimum du groupe A était alors repassé au-dessus du Smic, jusqu’en décembre 2025 donc.

Activité partielle : un critère d’éligibilité qui pose problème

Autre sujet d’importance, à l’heure où les professionnels du voyage observent toujours autant d’attentisme : le chômage partiel. Valérie Boned, présidente des EdV, a récemment interpellé Serge Papin, ministre en charge du Tourisme, sur les conditions d’éligibilité.

L’un des critères pose problème, détaille Guillaume Beurdeley : pour être éligible, les entreprises du secteur du voyage doivent comptabiliser 30% de leur activité sur les destinations du Moyen-Orient sur la période pré-conflit. C’est le cas d’un pourcentage limité des opérateurs.

Or les baromètres de la profession montrent que l’attentisme concerne la grande majorité des destinations. « Nous sommes en discussion avec les ministres Papin et Lescure », précise Valérie Boned. Mais pour l’instant, rien de concret n’est sorti de Bercy. 

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