Bilan contrasté pour Eurostar qui déploie deux milliards d’euros pour parer à la concurrence​Eglantine L’Haridon

À l’heure de fêter les 30 ans de la ligne à grande vitesse reliant Paris, Bruxelles et Amsterdam, Eurostar présente un bilan financier 2025 nuancé, tiraillé entre des performances décevantes et une stratégie de développement ambitieuse.

EBITDA en recul

En 2025, la croissance d’Eurostar marque le pas. Si la compagnie ferroviaire franchit le cap symbolique des 20 millions de voyageurs, cette progression de 3% sur un an reste inférieure à l’objectif de 5% initialement fixé par la direction. Le chiffre d’affaires de la compagnie s’établit à un peu plus de 2 milliards d’euros, signant une très légère hausse de 1,7%. Surtout, sa rentabilité s’effrite puisque l’EBITDA recule de 2,6% pour atteindre 337 millions d’euros, un repli qui s’explique, selon un communiqué, « par des pressions inflationnistes persistantes et des coûts d’infrastructure élevés, en particulier au Royaume-Uni ».

Malgré ces vents contraires, Eurostar conserve des fondamentaux solides. Le hub parisien affiche une forte dynamique avec un trafic en hausse vers Amsterdam (+6,7%) et vers Londres (+5%). La structure financière s’assainit également, la dette brute de l’entreprise ayant été ramenée à 520 millions d’euros au printemps 2026 grâce à un remboursement anticipé.

Offensive industrielle

Pour défendre ses parts de marché et tenir son objectif de 30 millions de passagers d’ici 2030, Eurostar a d’ailleurs lancé une offensive industrielle chiffrée à deux milliards d’euros. La pièce maîtresse de cette stratégie repose sur la commande de 50 trains à deux niveaux « Celestia » auprès d’Alstom, actée par un premier versement de 90 millions d’euros. Ces nouvelles rames, espérées pour 2031, augmenteront la capacité du réseau existant et permettront l’ouverture de lignes inédites vers Francfort et Genève.

Le volet des infrastructures accompagne cette transition positive. L’inauguration du terminal d’Amsterdam, fruit de 20 millions d’euros d’investissement, permet déjà de tripler l’accueil des voyageurs. L’entreprise maintient également le cap de ses engagements environnementaux et réaffirme son ambition d’alimenter ses trains avec une électricité 100% renouvelable à l’horizon 2030.

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