
L’IACC publie l’édition 2026 de son rapport annuel Meeting Room of the Future. Conduite auprès de 124 opérateurs sur trois continents, l’étude révèle un secteur qui fait de la fiabilité technologique et de la RSE ses deux nouvelles priorités stratégiques.
Selon le dernier rapport IACC, l’industrie des événements professionnels ne revient pas simplement à « l’avant-pandémie », elle s’invente un futur, sous la pression des attentes des nouvelles générations, de l’essor de l’intelligence artificielle et d’impératifs environnementaux de plus en plus contraignants. Un changement de cap qui se lit d’abord dans les usages technologiques.
La technologie fiable avant d’être spectaculaire
Ce que les clients recherchent désormais, ce n’est plus la prouesse technique, mais sa discrétion et sa robustesse. « Les attentes des clients évoluent vers une livraison fluide et invisible plutôt que vers la technologie pour la technologie », résume David Parker, directeur commercial et événementiel du Royal College of Physicians de Londres. « La fiabilité, l’intégration et le support comptent plus que l’équipement spécifique. L’audiovisuel passe d’un produit à un service utilitaire central. », ajoute-t-il. Depuis 2 ans, 87% des lieux interrogés ont investi dans leur infrastructure internet et 74% garantissent une capacité de bande passante comme offre standard.
Le streaming hybride, quasi-obligatoire en période pandémique, recule significativement avec seulement 53% des lieux événementiels qui le proposent encore en 2026, contre une majorité lors de la précédente édition du rapport, signe d’un retour au présentiel. Comme le note Scott McLain, président de Waveguide, « les événements sont peut-être moins hybrides, mais l’enregistrement et la diffusion en direct restent des services critiques pour de nombreux lieux. »
L’IA prometteuse mais encore timide
L’intelligence artificielle concentre les espoirs du secteur, mais la réalité d’adoption reste mesurée. Les usages actuels se limitent principalement à l’analyse de données et au marketing, 2 domaines à ROI immédiat. Les applications en gestion des déchets alimentaires ou en planification des menus peinent à s’imposer, non par manque d’outils, mais par résistance humaine. « Les modèles de prévention des déchets reposant sur l’IA doivent être couplés à une stratégie de conduite du changement. », avertit Aurora Dawn Benton, du Conseil de l’industrie des événements. Un constat qui vaut bien au-delà de la restauration.
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En parallèle, la cybersécurité s’impose comme l’angle mort à surveiller. Selon le rapport, 80% des opérateurs anticipent une menace croissante dans les 2 prochaines années et 61% déclarent qu’elle jouera un rôle dans l’évaluation des nouvelles technologies qu’ils adoptent.
RSE : de la bonne intention à l’exigence contractuelle
Le changement de nature de l’enjeu durable est peut-être le signal le plus fort du rapport. La RSE n’est plus un argument de différenciation ; elle devient une condition d’accès au marché. « Beaucoup d’entreprises ont désormais des directives fermes en matière de durabilité et de responsabilité sociale qu’elles sont tenues de respecter, ce qui se répercute sur la façon dont elles planifient leurs événements », témoigne un membre de l’IACC. « Les clients veulent démontrer à leurs équipes internes qu’ils respectent les normes de leur entreprise. Ils posent davantage de questions et cherchent des partenaires capables de les aider à rester conformes. », ajoute-t-il.
Les pratiques se sont largement diffusées : 81% des lieux proposent des programmes de réduction des plastiques à usage unique et 80% disposent d’un plan formel de gestion des déchets alimentaires. La demande client la plus fréquente reste l’approvisionnement local en nourriture et boissons, citée par 51% des répondants, devant la réduction du gaspillage alimentaire à 33% et les opérations sans plastique à 29%. Le bilan carbone, en revanche, accuse un retard avec seuls 16% des lieux proposant un calculateur carbone à leurs clients, creusant le fossé entre les engagements affichés et les outils réellement mis à disposition.
La restauration, carrefour de toutes les tensions
La restauration concentre à elle seule les grandes contradictions du secteur. 89% des opérateurs font état d’une hausse des demandes liées aux préférences alimentaires, tandis que 57% constatent une baisse de la consommation d’alcool parmi leurs participants. « Le plus grand défi auquel notre équipe est confrontée est de suivre le rythme des besoins alimentaires divers que les clients apportent à leurs réunions. La gamme s’est vraiment élargie : végan, sans gluten, sans produits laitiers, allergies aux noix, restrictions culturelles et régimes de bien-être personnels », témoigne un membre de l’IACC. Cette complexification croissante s’opère dans un contexte de coûts tendus, 68% des lieux reconnaissant que la hausse des prix alimentaires a affecté leur service. Le rapport conclut sur une conviction partagée par l’ensemble des opérateurs interrogés : « Comprendre comment les gens apprennent, se connectent, s’engagent et collaborent dans les environnements de réunion est désormais fondamental pour concevoir des événements professionnels qui produisent des résultats significatifs. »
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