Liste noire de l’Union européenne : quelles sont les compagnies interdites de vol ?​Eglantine L’Haridon

L’exécutif européen vient de procéder à la quarante-huitième révision de son registre de sécurité aérienne, une « liste noire » qui recense l’ensemble des transporteurs soumis à une interdiction totale ou à des restrictions pour survoler et atterrir sur le territoire de l’Union européenne. Actuellement, 154 entreprises figurent dans ce répertoire. La grande majorité de ces sociétés fait l’objet de sanctions en raison de lacunes majeures dans le contrôle effectué par les instances de leur pays d’origine.

Une nouvelle sanction en Afrique du Nord

Cette dernière édition marque l’entrée d’Air Express Algeria parmi les opérateurs indésirables. Les auditeurs européens ont identifié d’importants manquements aux réglementations internationales de l’aviation civile chez cette entreprise algérienne, qui rejoint ainsi un groupe de 126 sociétés de transport issues de seize pays différents. Dans ces États, parmi lesquels se trouvent l’Afghanistan, le Népal, la République démocratique du Congo ou encore le Soudan, les aviations civiles nationales ne garantissent pas une supervision conforme aux attentes bruxelloises.

Par ailleurs, vingt-deux transporteurs russes demeurent exclus du ciel communautaire, tout comme des sociétés basées au Venezuela, au Zimbabwe, en Irak et en Iran. Quelques exceptions encadrées existent toutefois. À titre d’exemple, deux compagnies angolaises bénéficient d’une dérogation pour maintenir leurs vols. De leur côté, Iran Air et les opérateurs de Corée du Nord sont visés par des restrictions partielles, les obligeant à n’utiliser qu’un type très précis d’appareils pour pénétrer l’espace européen.

Le Kirghizistan sort de l’isolement

À l’inverse, cette actualisation apporte des perspectives inédites pour le Kirghizistan, qui voit l’ensemble de ses transporteurs effacés du registre pour la première fois depuis 20 ans. Les autorités européennes saluent ainsi les améliorations notables apportées par Bichkek dans la gestion et l’évaluation technique de ses flottes commerciales.

Cette décision représente un levier de croissance majeur pour le pays. Jusqu’alors dépendant de correspondances via la Turquie, la Russie ou le Moyen-Orient, le Kirghizistan espère ouvrir rapidement des liaisons directes vers le continent européen. L’objectif de cette démarche est double : diversifier ses partenariats économiques mondiaux et stimuler un secteur touristique en plein essor, récemment facilité par des politiques d’exemption de visas pour les voyageurs internationaux.

Un mécanisme de régulation dissuasif

Créé il y a vingt ans, ce répertoire européen s’appuie sur les évaluations régulières d’un comité de spécialistes issus des différents États membres, épaulé par l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne. Il n’obéit pas à un calendrier de publication rigide ; il est modifié selon les nécessités ou à la demande spécifique d’un gouvernement. Au-delà de son aspect strictement répressif, ce dispositif joue un rôle incitatif. Les pays placés sous observation redoublent souvent d’efforts pour mettre aux normes leur flotte et éviter des retombées économiques désastreuses. 

La liste complète est disponible sur le site internet de la Commission européenne.

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