
La saison estivale 2026, allant du 1er mai au 31 octobre, s’annonçait prometteur chez les voyagistes français. « Au 28 février, nous étions dans la lignée de l’hiver dernier », a indiqué ce matin Patrice Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto).
Un décrochage de 6,7% chez les voyagistes
En cette date de début de conflit au Moyen-Orient, la moitié des ventes d’été étaient engrangées et augmentaient de 5,4% (+4,1% en nombre de clients). « Nous anticipions une troisième année consécutive dans le vert », ajoute l’ancien patron du voyagiste Alpitour.
Mais les trois mois suivants, les prises de commandes ont dévissé. « Au 31 mai, nous sommes tombés à -6,7% sur l’ensemble des ventes d’été, avec 1,183 million de clients », précise Patrice Caradec. « Au printemps, les Français ont eu parfois peur de partir et de ne pas revenir. » Les pressions sur le pouvoir d’achat ont aussi participé à un attentisme généralisé.
Le constat est sans appel : « Il nous manque 850 000 clients cet été » selon Patrice Caradec. Soit 100 millions d’euros de volume d’affaires.
La France métropolitaine, seule destination en croissance
À l’exception de la France métropolitaine et notamment de la montagne, tous les axes reculent (voir le tableau ci-dessous). « Les destinations long-courriers ont plus souffert (-10%) que le moyen-courrier (-7%), en raison surtout des surcharges carburant », ajoute le président du Seto.
La surcharge s’élève en moyenne à 120 euros sur les destinations lointaines, contre 20 à 40 euros sur les pays européens, calcule-t-il. Ce qui renchérit fortement le panier moyen des familles, nombreuses à partir l’été. « Le Français a un budget contraint pour les vacances » qu’il tente de sacraliser au mieux.
Quelles sont les destinations à la traîne, parmi les plus vendues ? La Croatie (-16%), les États-Unis (-37%), l’Indonésie (-19,9%), le Japon (-10%), mais aussi l’Irlande (-18,1%) et le Mexique (-29,7%). Si l’Albanie ne figure pas dans le top 10, elle progresse de 200%, faisant de l’ombre à une Croatie plus onéreuse.
Le printemps a fortement pénalisé l’Asie. « Les destinations asiatiques sont celles qui ont le plus souffert du conflit. Il était toujours possible de s’y rendre mais pas au même prix. »

Juillet et août reculent en départs
Comment se profile l’été dans son ensemble, se clôturant le 31 octobre ? « A -6%, je signe », répond Patrice Caradec. Les ventes ne reculent plus, elles restent à l’étale en juin.
En termes de départs, juillet et août restent « en souffrance » (-7% et -9% respectivement). En nombre de clients, les circuits en groupe décrochent (-19,5%), les séjours individuels baissent (-9,4%) alors que les clubs résistent (-0,5%).
Les surcharges carburant pèsent toujours sur les intentions de départ. « Les compagnies ont rapidement augmenté les prix, et tardent à supprimer les surcharges carburant », s’étonne Patrice Caradec. Signalant au passage un baril tombé à 73 dollars, et appelant Air France à donner la bonne impulsion.
Reste à savoir si les voyagistes vont activer de nouvelles promotions pour stimuler les retardataires.
Un hiver encourageant
Patrice Caradec se réjouit des meilleurs chiffres de l’hiver, sans fanfaronner. Le nombre de clients diminue de 2,9% sur un an, avec un volume d’affaires de 350 millions d’euros (+3,6%). Ces données s’appuient sur l’équivalent de 20% des ventes de l’hiver dernier.
La France domine le classement (+18,7%), devant l’île Maurice (+7,5%) et l’Égypte (+7,5%). Suivent la République dominicaine (+13,9%) et la Thaïlande (-12%) toujours à la peine.
Plus loin dans le classement, la Tanzanie fait partiellement son retour, même si le travel ban sur les compagnies aériennes locales perdure. Un audit de l’OACI pourrait conduire à un dénouement fin 2026.
« On est dans une industrie qui ne meurt jamais. Les tour-opérateurs savent s’adapter et rebondir », a conclu Patrice Caradec. Le Seto réunit 70 voyagistes, qui vendent plus de 50% de leurs produits en direct.
Voyagistes : « Il nous manque 850 000 clients cet été » selon Patrice Caradec
