
Ce jeudi 2 juillet, à Paris, Amadeus a clarifié ses ambitions technologiques pour les prochaines années. Sous la houlette d’Evantia Giumba, qui a pris la direction générale d’Amadeus France au début de l’année 2026, le fournisseur a détaillé sa transition vers une intelligence artificielle à grande échelle. Si l’année précédente a été rythmée par des tests d’IA générative, l’heure est désormais à l’intégration concrète.
« Ce qui est intéressant en 2026 par rapport à 2025, c’est que l’on voit le passage à grande échelle. On voit vraiment la mise en production », a d’emblée affirmé la dirigeante, forte d’une expertise de plus de vingt ans au sein du groupe. « Le défi maintenant n’est plus celui de l’expérimentation, mais celui de la capacité d’industrialiser de façon sécurisée. »
Productivité et retour sur investissement
Pour matérialiser cette stratégie, l’entreprise déploie Amadeus Max. Cette gamme se définit comme une suite de compagnons virtuels, directement intégrés aux interfaces des professionnels du voyage. Pour les agents, l’outil sera greffé à la plateforme Selling Connect. L’objectif consiste à traiter en langage naturel des requêtes complexes, telles que l’analyse d’un historique PNR ou le décryptage des règles tarifaires.
L’adoption de ces innovations soulève inévitablement la question de leur coût. Interrogée sur le modèle économique de ces solutions, Evantia Giumba reconnaît ouvertement une tarification spécifique. Toutefois, la dirigeante invite le marché à dépasser cette notion de dépense brute pour privilégier l’analyse du retour sur investissement (ROI). Arguant que « le temps, c’est l’investissement des collaborateurs », elle justifie ce coût par des gains d’efficacité massifs.
Pour convaincre les acteurs du secteur, le groupe s’appuie sur des chiffres percutants : le temps de traitement sur les flux majeurs enregistrerait une baisse de 76%, passant d’une moyenne de 14,7 heures à 3,5 heures mensuelles, complétée par une diminution de 20% des erreurs de saisie. Pensé comme un soutien opérationnel au quotidien dans la stricte continuité des outils d’optimisation historiques d’Amadeus, le système entend s’imposer par son utilité. « Cela permet de dégager du temps pour laisser au conseiller de voyage de dédier du temps là où est sa valeur, qui est dans la relation humaine et le conseil », estime Evantia Giumba.
Sécurisation des processus
L’évolution technologique d’Amadeus s’articule également autour de l’IA agentique, soit la capacité de plusieurs agents virtuels à collaborer de manière autonome pour résoudre des problèmes multifactoriels. Face à l’annulation d’un vol, des algorithmes spécialisés évaluent simultanément les itinéraires de substitution, la validité des visas et la disponibilité des correspondances pour soumettre une solution clé en main à l’opérateur.
Cette volonté de consolider l’autonomie du système a récemment poussé l’entreprise à acquérir SkyLink. Cette start-up américaine automatise la gestion des déplacements d’affaires via courriels et messageries instantanées. L’opération permet à Amadeus de finaliser une réservation de bout en bout en moins de deux minutes.
Cependant, le déploiement doit rester mesuré. « La vitesse de l’IA, ça doit être à la vitesse de la confiance », rappelle la directrice. Un principe cardinal pour une infrastructure gérant 150 000 transactions par seconde et trois milliards de recherches de vols quotidiennes.
Tendances : un début d’année 2026 à la hausse
Selon une étude sur les tendances du tourisme réalisée par ONU Tourisme en partenariat avec Amadeus (et basée sur les données du groupe technologique), l’industrie maintient une trajectoire haussière. Malgré un contexte international tendu, les prévisions font état de 5,1 milliards de passagers aériens au niveau mondial pour l’année 2026. La France consolide sa position stratégique : elle figure au quatrième rang des pays d’origine des voyageurs en Europe.
Parallèlement, ce rapport met en lumière une nouvelle dynamique paradoxale chez les consommateurs face à l’omniprésence technologique. Les données soulignent que 32% des voyageurs aspirent désormais à une forme de détox digitale durant leurs séjours, tandis que 41% privilégient un tourisme axé sur le ressourcement mental. Une tendance confirmée par Evantia Giumba : « Plus la technologie est présente, plus on a besoin aussi de s’éloigner un tout petit peu de cette technologie. »
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