Banyan Tree choisit le Monténégro pour son premier hôtel en Europe​Florian De Paola

Banyan Tree n’était pas encore présente en Europe. Étonnant, quand on sait que le Vieux Continent est celui qui attire le plus de touristes dans le monde. Mais avec l’ouverture de Mamula Island by Banyan Tree, installé dans un fort du XIXe siècle sur un îlot de la baie de Kotor (Monténégro), le groupe hôtelier basé à Singapour entre par la grande porte.

Et c’est d’ailleurs ce site spectaculaire qui a incité Banyan Group, la maison mère de Banyan Tree, à se lancer en Europe. « L’idée, ça n’est pas de planter des drapeaux partout. En revanche, nous sommes constamment à l’affût d’opportunités qui correspondent à nos valeurs », explique Kishan Chandnani, directeur du marketing pour le groupe. Classée à l’Unesco, la forteresse monténégrine, « ancrée dans la communauté locale, l’art, la culture, l’histoire ; était parfaitement aligné avec notre vision du tourisme régénérateur ».

Un partenaire bien connu du tourisme

Pour réhabiliter le site, qui accueillait des fêtes illégales ces dernières années, Banyan Tree s’est associé à un investisseur bien connu du monde du tourisme : Samih Sawiris. L’homme d’affaires égypto-monténégrin, déjà à l’origine du développement des stations de Luštica Bay (Monténégro) ou d’El Gouna (Égypte), et actionnaire majoritaire de FTI Group au sortir de la crise sanitaire, est aussi impliqué dans la réhabilitation de Mogador-Essaouira (Maroc), qui accueillera bientôt un Club Med.

Sept ans de travaux ont été nécessaires à la construction de Mamula Island by Banyan Tree. L’hôtel compte 32 chambres et suites, toutes avec vue sur l’Adriatique. On y accède en bateau privé depuis la baie de Kotor ou en hélicoptère depuis Dubrovnik ou Tivat. Quatre restaurants, un spa installé dans la tour centrale historique de la forteresse, des artistes locaux en résidences, des soirées d’opéra : l’établissement promet une expérience luxueuse qui tourne, en moyenne, autour de 1 500 euros la nuit. Dans le viseur : des clients en quête « de ce luxe rare et singulier que les hôtels de luxe classiques n’offrent pas forcément », estime Kishan Chandnani.

100 hôtels

Cette ouverture ne devrait pas être la seule en Europe. Très dynamique, Banyan Group, qui a franchi le cap symbolique des 100 hôtels en 2025, travaille à l’ouverture prochaine d’établissements à Interlaken (Suisse) ou encore Istanbul (Turquie). La France et la Scandinavie sont également dans le viseur. « L’appétit est clairement là pour l’Europe occidentale et orientale », confirme Kishan Chandnani.

Fondé en 1994 avec l’ouverture d’un hôtel à Phuket (Thaïlande), Banyan Group est coté à la Bourse de Singapour. Le groupe compte aujourd’hui plus de douze marques, 140 spas et une trentaine de résidences dans le monde entier. En 2025, son chiffre d’affaires a progressé de 25% pour atteindre 477 millions de dollars singapouriens (environ 320 millions d’euros).


Un partenariat « solide » avec Accor

En 2016, Accor et Banyan Group signent un partenariat. Le groupe singapourien souhaite ainsi accéder à la puissance du réseau d’Accor sur certains marchés clés, comme le Royaume-Uni, la France et l’Australie. L’accord porte aussi sur le développement de plusieurs hôtels (Banyan Tree Doha, Banyan Tree Dubaï, Banyan Tree AlUla…). Désormais mieux implanté, Banyan n’envisage pas de réévaluer la pertinence de cette relation. « À ce stade, le partenariat est solide et nous continuons de construire ensemble », explique Kishan Chandnani.

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