
Selon des communiqués de presse publiés le 8 juillet 2026 par SAS et Air Canada, Anko van der Werff, actuel président-directeur général de la compagnie scandinave, a été nommé à la tête du transporteur canadien? Il en deviendra le PDG d’ici la fin janvier 2027. Son profil a retenu l’attention pour une raison qui, dans un autre contexte, aurait pu sembler anecdotique : il parle français.
Ce détail n’en est pas un. Depuis mars 2026 et l’annonce de la retraite de Michael Rousseau, la question linguistique avait pris une dimension politique majeure. Son incapacité chronique à s’exprimer en français – langue officielle du Canada et langue du quotidien au Québec où Air Canada a son siège, avait fini par précipiter son départ après une vidéo de condoléances quasi exclusivement en anglais, diffusée à la suite d’un accident mortel survenu à LaGuardia en mars 2026.
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Le français, critère officiel
La compagnie a cette fois-ci rendu la chose explicite. « La recherche a pris en compte un certain nombre de critères de performance, dont la capacité à communiquer en français », a indiqué Air Canada dans son communiqué. Une formulation mesurée, mais sans ambiguïté. La recherche, lancée dès janvier 2026 à l’échelle mondiale, s’inscrivait dans une exigence posée publiquement par le Premier ministre canadien Mark Carney lui-même, qui avait déclaré qu’il était « absolument essentiel » que le futur PDG soit pleinement bilingue.
Anko van der Werff, originaire des Pays-Bas, a appris le français à l’école et lors de séjours familiaux. Dans une vidéo adressée aux salariés d’Air Canada, il s’est prêté à l’exercice avec une certaine aisance, affirmant vouloir « être proche de l’action, écouter, comprendre et travailler en équipe » — le tout dans la langue de Molière, donc. « Je comprends l’importance de communiquer en français chez Air Canada, de parler directement aux employés, aux clients et aux partenaires », a-t-il ajouté. La comparaison avec la séquence Rousseau est implicite, mais elle s’impose d’elle-même.
Déjà vu
Cette séquence rappelle un épisode similaire survenu en 2018, lorsque Air France-KLM avait recruté le Canadien Ben Smith — numéro deux d’Air Canada à l’époque — pour prendre la tête du groupe franco-néerlandais. Son niveau de français avait alors suscité quelques sourcils levés du côté des syndicats. Il avait finalement su amadouer les partenaires sociaux, amélioré sa maîtrise de la langue et mené plusieurs accords sociaux importants.
Anko van der Werff pourrait se trouver dans une dynamique inverse, mais symétrique : un non-francophone natif débarquant à la tête d’une compagnie où parler français n’est pas un atout supplémentaire, c’est une condition de légitimité. La différence, cette fois, c’est que la leçon a visiblement été tirée en amont. Le conseil d’administration d’Air Canada n’a pas attendu une nouvelle polémique pour en faire un critère de sélection formalisé, et non plus une case à cocher après coup.
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