Contestant la hausse de la taxe aérienne, Ryanair retire six avions et supprime 20 lignes à Charleroi et Bruxelles-Zaventem pour l’hiver 2026.

Ryanair met ses menaces à exécution en Belgique. Pour la saison hiver 2026-2027, la compagnie à bas coûts irlandaise retire six appareils basés à Charleroi, supprime 20 liaisons et retranche 1,1 million de sièges sur l’ensemble du marché belge.
À Bruxelles-Zaventem, le repli est drastique : dès le mois de novembre, le transporteur ne conservera que sa desserte de Dublin. Sept lignes sont suspendues, à destination, à destination de Barcelone, Madrid, Malaga, Marrakech, Porto, Rome-Fiumicino et Valence. A Charleroi, treize routes disparaissent du programme hivernal, parmi lesquelles Nîmes, Amman, Dubrovnik, Gênes, Katowice, Lublin, Newcastle, mais également des destinations d’Europe de l’est, d’Espagne et d’Italie. Selon le quotidien belge Le Soir, Ryanair, maintient toutefois 75 liaisons au départ de la plateforme wallonne cet hiver.
« Taxer le trafic aérien ne crée pas de croissance, cela ne fait que la déplacer ailleurs »
Pour justifier ce désengagement, qui représente, selon la compagnie, 600 millions de dollars d’investissements réorientés vers d’autres marchés européens (Slovaquie, Suède, Hongrie ou Italie), la low cost cible directement le gouvernement fédéral de Bart de Wever. Dans un communiqué de presse, Ryanair dénonce une hausse de 250% de la taxe nationale d’embarquement, qui doit passer à 7 euros par passager au 1er janvier 2027.
« Taxer le trafic aérien ne crée pas de croissance, cela ne fait que la déplacer ailleurs », fustige son directeur général, Michael O’Leary, qui réclame l’abrogation pure et simple du dispositif et pointe le décrochage de marchés fortement taxés comme l’Allemagne ou l’Autriche.
Le calcul mis en avant par la compagnie repose toutefois sur une comparaison avec le tarif de deux euros qui prévalait en janvier 2025. Or, cette taxe s’établit déjà à cinq euros en 2026 : son relèvement à sept euros début 2027 pour les vols internationaux compris entre 500 et 3 500 kilomètres représente donc une augmentation effective de deux euros par passager.
Un cadre fiscal « stable et prévisible »
En première ligne face au retrait de son principal client, l’aéroport de Bruxelles-Charleroi assure avoir intégré ces coupes à sa planification dès leur annonce en juillet dernier. L’impact opérationnel et social n’en demeure pas moins lourd : selon les estimations communiquées par la ministre wallonne des aéroports, Cécile Neven, et relayées par la presse belge, le recul de près de 18% des capacités de Ryanair devrait entraîner une baisse globale de 12% du trafic de l’aéroport, une fois prise en compte la croissance des autres transporteurs.
La direction de Charleroi redoute désormais les arbitrages de capacités pour l’été 2027, qui se décident plusieurs mois à l’avance. « Les autorités disposent encore de ce délai pour décider des conditions qu’elles souhaitent fixer en matière de compétitivité du secteur aérien », prévient la plateforme, dont le directeur général, Christophe Segaert, réclame un cadre fiscal « stable et prévisible » à l’échelon fédéral. Le gouvernement wallon invite la direction de l’aéroport à poursuivre le dialogue avec Ryanair et, surtout, à accélérer la diversification de son portefeuille de compagnies pour réduire sa dépendance au géant irlandais.
