Caraïbes : à Saint-Barthélemy, des assises du tourisme pour cultiver un tourisme d’ultra-niche​Florian De Paola

Depuis son ouverture au tourisme, dans les années 80, Saint-Barthélemy a « toujours été une destination de niche », explique Alexandra Questel, présidente du comité territorial du tourisme de Saint-Barthélemy (CTTSB). Avec seulement 11 hôtels pour environ 500 chambres, la petite île (21km²) des Caraïbes ne peut, de toute façon, pas accueillir des millions de touristes internationaux.

En 2025, un peu plus de 232 000 visiteurs étrangers ont séjourné sur l’île, dont 20% de Français. Certains dans les hôtels, d’autres dans le millier d’hébergements touristiques qui complète le marché. « Au-delà du nombre de touristes accueillis et d’hébergements disponibles, il y a la question de l’équilibre à trouver », assure Alexandra Questel. Avec pour objectif que Saint-Barthélemy soit aussi paradisiaque pour les touristes pour ses quelques 10 000 habitants.

Une concertation « pour que le secteur demeure viable »

Lutte contre les tracas du quotidien provoqué par le tourisme en haute saison (embouteillages, pollution…) mais aussi impact structurel sur le marché immobilier local ou l’accession à la propriété des habitants : bien qu’habituée à recevoir des volumes plus restreints que ses concurrentes des Caraïbes, Saint-Barthélemy doit aussi faire face à certaines conséquences néfastes de l’activité touristique.

Et c’est pourquoi le CTTSB a décidé d »écrire une nouvelle feuille de route pour le tourisme dans l’île, « pour que le secteur demeure viable », note Alexandra Questel. « La première étape, c’est le diagnostic. Nous avons réuni la population, les professionnels du tourisme et les politiques autour de la même table, pour dresser ce panorama. Viendra ensuite le temps de la concertation, dont l’objectif sera d’établir, collectivement, un plan d’action concret », illustre la présidente du CTTSB.

Le tourisme, première industrie de Saint-Barthélemy

Une initiative qui débouchera sur l’organisation d’assises locales du tourisme, sans doute cet été. « Il y aura aussi des décisions prises sur le long terme. L’idée, c’est de réaffirmer l’ADN touristique de Saint-Barthélemy tout en allant plus loin en matière de durabilité. Nous sommes une petite île avec de nombreuses contraintes, et la conscience environnementale est très forte parmi les habitants. »

Et puis la clientèle internationale (Américains et Britanniques en tête) « fidèle mais exigeante », n’hésitera pas à regarder vers d’autres destinations des Caraïbes si Saint-Barthélemy perd son cachet. Il en va donc de la pérennité de l’industrie du tourisme, première contributrice à l’économie de l’île, et sa principale vitrine.

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