Travel Testing : la Business class de Malaysia Airlines​David Keller-Posalski

Travel Testing : la Business class de Malaysia Airlines

Cette invitation à tester la business class de Malaysia Airlines était une belle opportunité. Non pas uniquement pour se sustenter en siège avant ou découvrir Kuala Lumpur mais pour l’excellente raison que le produit constitue une offre clé de la stratégie du transporteur asiatique. 

Pour preuve, Bryan Foong, CEO de Malaysia Airlines, qui, il y a une dizaine de jours, explicitait la transformation stratégique entreprise par sa compagnie ces dernières années : « Il y a eu une période où nous avons sous-investi dans notre produit et où nous cherchions à être un transporteur de correspondance légèrement plus abordable via Kuala Lumpur. Et puis il y a eu le COVID qui a fondamentalement transformé le marché. Nous avons alors décidé de pivoter fermement vers le segment premium »

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Dès lors, dans cette volonté de montée en gamme de l’offre du transporteur qui doit le mener – c’est son objectif – au top 10 du classement Skytrax d’ici 2030, la classe business est évidemment centrale. 

On pourrait y ajouter une deuxième raison, plus symbolique. Car c’est de Paris-CDG que nous prenons notre départ en direction de la capitale malaisienne, en ce mercredi 1er avril. Or, à une semaine près, nous aurions eu le privilège de célébrer le premier anniversaire de la liaison entre les deux capitales, le vol inaugural ayant eu lieu le 23 mars 2025, après neuf années d’absence en France, comme nous le rappelions l’an dernier à l’occasion d’un entretien avec Dersenish Aresandiran, CEO de la compagnie.

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Le départ, mercredi 1er avril à 11h20

Durant mon parcours dans l’enceinte du terminal 2A de l’aéroport Charles-de-Gaulle, j’ai bénéficié, réservation “business class” oblige,  des différents coupe-files aux différentes étapes m’ayant mené à la salle d’embarquement. Il me reste une petite heure pour profiter du salon PrimeClass. 

J’aurais aussi bien pu opter pour les lounges de Cathay Pacific ou d’American Airlines, membres, à l’instar de MH (le code IATA de Malaysia Airlines), de l’alliance Oneworld. Mais c’est donc dans le salon partagé que je m’offre mes derniers instants sur la terre ferme avant décollage. Le salon est vaste, calme, lumineux, et, à cette heure de la journée, les œufs brouillés, les viennoiseries et le double espresso remplissent parfaitement leur office : la prestation n’a rien de flamboyant mais elle est efficace.

L’embarquement se déroule, lui aussi, en accès prioritaire. Je prends possession de mon siège business class, l’un des trente-cinq que compte l’Airbus A350-900 qui assure la liaison. Surprise, un passager clandestin nous y attend. Flavien Tête, en charge des ventes corpo de MH en France, n’est en effet pas censé être du voyage, il est pourtant bel et bien présent. Pour nous souhaiter un bon vol mais aussi pour nous dire :

  • que les discounts de MH peuvent être particulièrement avantageux pour les entreprises, au regard de la concurrence sur les liaisons Europe-Asie
  • qu’il n’y a pas que les grands comptes qui… comptent : MH propose une offre calibrée “SME”
  • que l’ambition de MH est de contribuer à faire grandir en tant que hub l’aéroport de Kuala Lumpur
  • qu’il n’hésite pas à soumettre à ses clients l’idée d’installer leurs bureaux asiatiques dans la capitale malaisienne : “KL n’a rien à envier à Singapour en termes de modernité des commodités, et les salaires et loyers y sont infiniment moins élevés”.

En tenant ces propos, Flavien Tête fait son job, en les relayant, je fais le mien, mais à présent, ce n’est plus le moment de travailler. Je m’installe sur le siège confortable qui m’est attribué dans une cabine organisée en 1/2/1 et en 1/2/2. Mon verre de bienvenue à peine vidé que le moteur Rolls Royce vrombit. C’est parti pour une douzaine d’heures de vol. 

Ces 12 heures de trajet couplés au décalage horaire de 6 heures entre Paris et KL (7 heures en hiver, mais ça tombe bien, l’heure estivale française est de mise depuis le week-end précédent) font qu’on arrivera à destination avant 7h du matin, heure locale. Idéal pour entamer une journée de travail… à condition d’avoir mis à profit le trajet pour charger les batteries. Le siège, inclinable jusqu’à l’horizontale, que le surmatelas mis à disposition rend particulièrement confortable, y invite. L’horaire, moins : pas évident de faire d’une journée sa nuit. Si, comme nous le confiera Vincent Mauchamp, Country manager France de MH, “les tour-opérateurs apprécient particulièrement” ce genre d’arrivées matutinales, pour les voyageurs d’affaires, ce départ en fin de matinée française n’est pas idéal. La compagnie reste attentive à l’émergence de slots plus adaptés.

Tentons de dormir, cependant

Dormir, donc. Mais avant cela, on détaille le contenu d’une gamme de produits Payot d’une trousse de voyage bleu nuit, sobre et élégante, de la marque Aspinal of London, qui fera le bonheur de notre fille – “un cadeau à acheter en moins”, pense-t-on honteusement. Et puis, rapidement, arrive l’occasion de mettre en place un dispositif à même de contribuer à des retrouvailles rapides avec Morphée : pour l’apéritif, ce sera donc un bloody Mary, breuvage aérien par excellence. Vincent Mauchamp, déjà cité, nous indiquera que, selon une étude, ce tropisme avéré du voyageur aéroporté pour cette mixture s’explique par le fait qu’il l’assimile à une boisson “nourrissante”. 

Pourtant, nul besoin, dans cette business class, de s’inquiéter pour la satisfaction de notre appétit : on attaquera par un satay malaisien – une sauce épaisse qui trouve son équilibre entre sucré et pimenté, son croquant dans des brisures de cacahuètes, en condiment d’un panachage de brochettes de boeuf, poulet et légumes marinés et grillés. La suite n’est que le début : comme le reste de la cabine, on apprécie la salade Waldorf au poulet en entrée.

Puis on laisse de côté le poulet au paprika et le wok de boeuf au gingembre en optant pour le dos de cabillaud saisi, accompagné, notamment, d’un gratin dauphinois de haute volée (dont, sur la carte, les anglophones ne peuvent rendre un morceau de réalité que par l’expression “potato au gratin and butter” (sic) : pauvreté de la langue de Shakespeare). L’affaire sera conclue par un cheesecake au citron nappé de coulis de fruits rouges. Tout cela ne constitue pas l’expérience gastronomique en altitude ultime mais est indéniablement digne des standards premium que la compagnie prétend proposer. 

Nous n’avons pas précisé que le tout fut arrosé d’un verre de vin rouge puis d’un d’un verre de vin blanc (“dormir”, disions-nous) de bonne facture – pas de grandes appellations mais du très bon boulot de vigneron. Pour ceux à qui ces agapes n’auraient pas suffi, des snacks peuvent être sollicités tout au long de la dizaine d’heures de vol qui nous font face à l’issue du déjeuner. Mention spéciale pour les egg noodles au poulet et le particulièrement cheesy “croque-monsieur”, en français dans le texte.

Dormir”, certes. Aurions-nous dû nous y aider par un des prestigieux pousse-café à la carte ? Peut-être. De façon assez inconséquente, nous nous contentâmes du café. Et comptions sur un bon film pour faire le job soporifique. Honnêtement, niveau catalogue de films, on a vu mieux. Outre la sélection de films asiatiques grand public qui ne nous attirent guère, on doit se rabattre sur une proposition hollywoodienne réduite aux acquêts et pas vraiment “updatée”. Un plus – pas si fréquent – pour les passagers à l’anglais laborieux : une version française est disponible pour une grande majorité de programmes.

Nous n’aurons finalement réussi à dormir que deux petites heures mais avons apprécié le confort de la couche. Alors qu’on s’approchait de la destination un solide petit-déjeuner nous a été servi. Pour le plat principal, on a choisi le Nasi Lemak au Poulet Rendang : un riz parfumé cuit au lait de coco et aux feuilles de pandan, servi avec du poulet rendang et de la sambal. Vous ne comprenez pas la moitié des mots ? Nous non plus. Mais c’était très bon.

Le retour, samedi 4 avril à 23h40

C’était vraiment bien, ces trois jours pleins à KL. Pour un vol retour prévu à 23h40, nous sommes à l’aéroport à 21h. On s’y est rendu par “Grab”, le “Uber” de l’Asie du Sud-Est, en beaucoup moins cher, du moins en Malaisie, et qui fonctionne tout aussi bien.

La journée a été intense et la pause au salon de Malaysia Airlines ne servira pas qu’à boire et manger : on y prendra une douche, ce qui n’est pas un luxe après une journée dans la moiteur et la touffeur de KL. Le terminal annexe où se trouve le salon, nous y avons accédé du terminal principal, porte G1 où une Mercedes Classe S nous attendait, zigs et zags sur le tarmac, parce qu’on le vaut bien.

Le salon Golden Lounge nous attend. Ou plus tôt l’un des deux. L’autre est réservé aux passagers munis d’un billet Business Suite. Attardons-nous quelques instants sur ce siège, apanage de quatre passagers à bord des seuls A350-900. “Il s’agit en fait de l’ancienne Première classe de MH. Ce sont des sièges assimilables à ceux de la Q-Suite de Qatar Airways en ce sens qu’ils sont hermétiquement clos, munis d’une porte. Il y a aussi un service de restauration supérieur à la business – avec, par exemple, du caviar et des grands crus. Il y a aussi du wifi gratuit très haut débit et une franchise bagages améliorée par rapport à la business traditionnelle”, nous précise Vincent Mauchamp. 

Nous nous contenterons donc du Golden Lounge “business class” et c’est largement suffisant. Outre la belle salle de bain dont on a pu bénéficier pour notre douche, on s’installe dans de confortables fauteuils avant de déambuler entre le bar très chic, le buffet de plats asiatiques et internationaux faits minutes (les cuisiniers sont au centre du spot principal) ou encore le noodle bar.

C’est l’heure de l’embarquement. Curiosité : il y a un passage “sécurité” par porte. Dès lors, une fois le contrôle de nos bagages effectué, on pénètre directement dans le finger. Cette fois-ci, vue l’heure tardive, on ne se fait aucun souci sur notre capacité à nous endormir rapidement après le décollage. D’autant que nous bénéficions du siège 9K qui, comme le 2K, pourrait satisfaire un Wembanyama, et offre un vaste espace de rangement. Oui, on est absolument certain que la nuit va être bonne, car : 

  • On connaît la qualité de la couche
  • Sur ce vol nocturne, on nous gratifie d’un pyjama des plus confortables – qu’on enfilera discrètement dans les toilettes (car nous ne sommes pas là pour filer des complexes aux autres passagers)
  • Avant le repos, le repu : c’est parti pour un whisky pour accompagner le fameux satay, puis une salade crevette/avocat, puis une daube de bœuf, puis une crème brûlée…

Effectivement, après cela, on dort.

Nous entamons notre descente vers Paris…

C’est ce que nous annonce le personnel de bord, en malais, en anglais et en français. Nous ne le savons pas encore mais de notre atterrissage à notre way-back home en taxi, le parcours s’effectuera de façon fluide. Vincent Mauchamp s’en félicite : “Avant nous étions alternativement aux terminaux 2B et au 2D. Depuis début décembre, nous sommes au 2A, ça change tout.

Avant de toucher le sol, on pense à ce tarif qu’on n’a pas payé. La promo actuelle propose des vols Paris-KL à 839 € en classe économique, à 3059 € en business class (et à 6559 € en Business Suite). Un rapport de 1 à 3,5 assez classique, pas à la portée de tous les voyageurs, fussent-ils professionnels. Vincent Mauchamp propose une alternative sur cette route : “Nous n’avons pas de véritable “premium economy”. Mais les trois premières rangées de la classe éco sont en “extended legroom” : environ 10 centimètres d’espace supplémentaire entre les sièges. On les commercialise dans les mêmes classes de réservation que l’éco traditionnelle et au moment où le passager veut un siège assigné dans ces trois premières rangées, il paye un supplément de l’ordre de 90 euros par direction.”

Alors, bien sûr, ces 2×90€ ne donneront pas accès aux lounges, aux sièges-lits, aux mets fins et au champagne à volonté… Mais le sourire, la disponibilité, l’amabilité (sans obséquiosité) du personnel de bord resteront les mêmes. Car – nous n’en avons encore rien dit – l’un des points forts de Malaysia Airlines, ce sont les Malaisiens eux-mêmes. Quand, comme c’est le cas à Kuala Lumpur, même les membres de la police aux frontières sont sympathiques et bienveillants, c’est un signe qui ne trompe pas ! 

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