EasyJet annonce une perte semestrielle creusée par la guerre au Moyen-Orient​L’Echo touristique avec l’AFP

La compagnie aérienne britannique easyJet a prévenu jeudi que sa perte au premier semestre, période traditionnellement négative pour l’entreprise, se creuserait cette année à cause notamment des conséquences de la guerre au Moyen-Orient, en particulier sur les prix du pétrole.

En amont de la publication de ses résultats le mois prochain, le groupe a indiqué qu’il prévoyait d’enregistrer, pour son premier semestre décalé achevé fin mars, une perte avant impôts « comprise entre 540 et 560 millions de livres » (621 à 644 millions d’euros). Ce chiffre est à comparer avec une perte avant impôts de 394 millions de livres au premier semestre de l’exercice précédent.

« Demande soutenue », mais hausse du coût du carburant

« EasyJet a constaté une demande toujours soutenue au premier semestre », mais « nos résultats financiers se sont dégradés, pénalisés par le conflit au Moyen-Orient et par l’environnement concurrentiel sur certains marchés », a résumé le directeur général du groupe, Kenton Jarvis. La compagnie précise que les coûts de carburant en mars « ont été affectés par l’escalade du conflit au Moyen-Orient », ce qui s’est traduit par des dépenses supplémentaires d’environ 25 millions de livres.

En outre, la guerre « a entraîné, à court terme, une incertitude concernant les coûts du carburant et la demande de la clientèle », a souligné la compagnie. Les clients réservent notamment plus tard, « ce qui se traduit par une visibilité prévisionnelle inférieure à la normale », a ajouté EasyJet. Pour autant, le groupe dit avoir affiché les meilleures performances de son histoire pour la période de Pâques et « la montée en puissance opérationnelle vers le pic estival se poursuit comme prévu », selon son directeur général. « Les réservations pour l’été accusent actuellement un léger retard par rapport à l’année dernière », a toutefois noté le dirigeant, lors d’une conférence de presse téléphonique un peu plus tard jeudi matin.

Forte demande de dernière minute

Mais la compagnie a observé en mars « une forte demande de dernière minute sur les vols domestiques, les escapades citadines et la Méditerranée occidentale, ce qui a contribué à compenser la faiblesse en Egypte, en Turquie et à Chypre, liée à la guerre », a-t-il détaillé. Si le secteur aérien s’inquiète du risque de pénurie de kérosène avec la fermeture du détroit d’Ormuz, Kenton Jarvis s’est montré rassurant. « La bonne nouvelle, c’est que tous les aéroports fonctionnent normalement », a-t-il assuré. « Nous constatons un approvisionnement en carburant normal et, par conséquent, nous menons des opérations normales », a-t-il dit.

La compagnie affirme en outre être couverte à 70% pour le carburant aérien de la période estivale, c’est-à-dire qu’elle dispose de prix garantis par contrat pour la majorité de son kérosène. Le groupe publiera ses résultats semestriels complets le 21 mai. Son titre à la Bourse de Londres était en baisse de 3,74% jeudi matin vers 08H45 GMT.

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