Prix du kérosène : KLM supprime des vols, à l’instar d’autres compagnies​Linda Lainé avec l’AFP

« KLM proposera 80 vols allers-retours de moins depuis et vers Schiphol [sa plateforme à Amsterdam], ce qui correspond à moins de 1% de ses vols européens sur la période », a indiqué cette filiale d’Air France-KLM dans un communiqué.

« Cela concerne un nombre limité de vols à l’intérieur de l’Europe qui, du fait de la hausse des coûts du kérosène, ne sont plus viables financièrement », a-t-elle justifié. « Il n’y a pas de pénurie de kérosène », assure le transporteur.

Plusieurs compagnies réduisent la voilure

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février, plusieurs compagnies aériennes ont supprimé des vols en raison de la flambée des prix du pétrole.

Les compagnies européennes SAS et Volotea, ainsi que Vietnam Airlines et United Airlines ont compté parmi les premières à réduire la voilure. La low-cost malaisienne AirAsia a pour sa part renoncé à 10% de ses vols, en invoquant la flambée des coûts.

Jeudi, Norse Atlantic a annoncé la suspension de la totalité de ses vols au départ de Los Angeles, dont ceux de/vers Paris. Toujours hier, Lufthansa a dévoilé qu’elle réduisait ses capacités, incluant l’arrêt de l’activité de sa filiale régionale CityLine. D’autres transporteurs révisent actuellement leurs programmes, parfois discrètement.

Une surcharge carburant pour amortir le choc

Face à la hausse des prix du kérosène résultant du blocage du détroit d’Ormuz, de nombreuses compagnies augmentent leur surcharge carburant. Chez Air France-KLM, la surcharge carburant s’envole pour atteindre 100 à 400 euros sur le long-courrier.

« La surcharge carburant est très loin de couvrir le surcoût réel du pétrole », a déclaré à L’Écho touristique Pascal de Izaguirre, président de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (Fnam). Et ce, malgré des mécanismes de couverture contre les fluctuations, qui restent limitées dans le temps. Air Mauritius l’a confirmé jeudi 16 avril. La compagnie ne répercute pas l’intégralité du surcoût sur les prix des billets, au risque de « casser la demande », explique son directeur commercial Laurent Recoura.

Alors que le prix du baril de Brent atteint près de 100 dollars, celui du kérosène raffiné (Jet CIF) destiné aux compagnies atteint « plus de 200 dollars le baril », précise Laurent Recoura. 


Hausse de la taxe aérienne aux Pays-Bas

La compagnie KLM a par ailleurs déploré jeudi l’annonce par les Pays-Bas d’une hausse en 2027 de la taxe sur les billets d’avion, qui doit être « plus de huit fois supérieure » à la moyenne de l’Union européenne. Cette taxe, qui était de 30 euros, est retenue pour les vols de moins de 2.000 km, mais doit passer à 48 euros pour le moyen-courrier, et 72 euros pour le long-courrier. « KLM a averti qu’une fiscalité plus lourde que dans les pays voisins pourrait pousser les voyageurs à emprunter des aéroports en dehors des Pays-Bas », écrit la compagnie.

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