
Le phénomène s’intensifie : avec une surcharge carburant désormais comprise entre 100 et 400 euros par billet sur le long-courrier chez Air France, la hausse des prix du kérosène se traduit directement pour les voyageurs dans les prix des billets d’avion. Et la stratégie de la compagnie nationale tricolore (et de sa filiale Transavia sur le moyen-courrier), qui a annoncé doubler a minima sa surcharge carburant ce début de semaine, est loin d’être isolée.
Air Caraïbes : de 100 à 400 euros aussi
Au départ de Paris, plusieurs acteurs majeurs ont déjà enclenché, de manière plus ou moins lisible, des ajustements tarifaires. Au sein du groupe Dubreuil, Air Caraïbes et French Bee évoquent une hausse « mesurée » de leurs tarifs qui s’est effectuée en deux vagues : le 11 mars pour la première, le 30 mars pour la seconde. « Les hausses cumulées des deux vagues sont les suivantes : classe Soleil (éco) +100€ AR, classe Caraïbes (premium éco) +200€, classe affaires (Madras) +400€ AR », détaille la direction d’Air Caraïbes à L’Écho touristique. Un barème qui ressemble ainsi à celui d’Air France-KLM.
Même son de cloche du côté de l’autre transporteur long-courrier français Corsair qui indique être « amené à ajuster le prix de ses billets afin de tenir compte de l’évolution de ses coûts d’exploitation ». « Ces ajustements restent mesurés et s’inscrivent dans une logique de préservation de l’équilibre économique de nos opérations », nous précise-t-on. Sans toutefois donner plus d’indications chiffrées.
Des hausses parfois masquées
Du côté des autres majors européennes, Lufthansa met d’abord en avant sa couverture carburant qui la protège « plus que d’autres opérateurs », d’après un porte parole du groupe allemand qui comprend aussi Swiss, Austrian ou encore Brussels Airlines. Le concurrent d’Air France-KLM indique avoir sécurisé environ 80% de ses besoins en kérosène pour 2026 et 40% pour 2027, à des niveaux de prix antérieurs à la crise, et avoir stoppé temporairement ses achats de kérosène. « Parce que nous avons couvert la majorité de nos coûts de carburant, nous sommes mieux protégés contre les fluctuations », souligne le groupe.
Pour autant, Lufthansa n’échappe pas aux ajustements tarifaires. Sa « surcharge internationale », qui vise à compenser une partie des coûts non maîtrisables — dont le carburant — a été « revue et ajustée en fonction des routes depuis le début de la crise », nous indique-t-on. Et, dans un contexte « hautement volatil », Lufthansa indique aussi à L’Écho touristique que les prix des billets « pourraient continuer à augmenter », tout en précisant ne pas pouvoir mesurer précisément cette évolution.
Contactée pour expliquer sa stratégie en la matière, la direction du groupe IAG (British Airways, Iberia, Vueling, Level…) n’a de son côté pas donné suite. Tout comme d’autres grands opérateurs mondiaux, qui préfèrent rester discrets sur le sujet.
Ailleurs : entre hausses directes et arbitrage sur les capacités…
D’autres ont pourtant commencé à évoquer ou mettre en place des hausses de tarifs. C’est le cas d’easyJet, qui a déjà prévenu d’une hausse des prix des billets à mesure que ses couvertures carburant arrivent à échéance. La coentreprise SunExpress (Lufthansa / Turkish Airlines) a elle introduit une surcharge carburant de 10 euros par passager sur ses liaisons Europe–Turquie. Air Mauritius indiquait également à la presse, ce jeudi, avoir augmenté sa surcharge carburant de 16% en moyenne.
En Asie, les hausses semblent plus brutales et plus transparentes. Cathay Pacific a relevé ses surcharges carburant de 34% sur l’ensemble de son réseau, tandis que Hong Kong Airlines applique des hausses de tarifs pouvant atteindre 35% selon les routes. En Chine, China Eastern a introduit des surcharges domestiques de 60 à 120 yuans (de 7,5 à 15 euros environ) selon la distance. En Inde, IndiGo facture désormais jusqu’à 2 300 roupies (environ 25 euros) sur certaines liaisons internationales, tandis qu’Akasa Air applique une surcharge comprise entre 199 et 1 300 roupies (2 à 15 euros). Thai Airways a annoncé une augmentation de 15% du prix de ses billets, quand Air New Zealand a, en plus de relever ses tarifs, réduit son programme de vols face à la flambée du carburant.
… jusqu’en Amérique du Nord
Enfin, en Amérique du Nord, certaines compagnies semblent éviter pour l’instant les surcharges visibles, préférant intégrer les hausses parfois dans les frais annexes. Delta, American Airlines ou encore Alaska Airlines ont ainsi relevé leurs frais bagages ou ajusté leurs tarifs globaux pour absorber la hausse des coûts.
Dans le même temps, la compagnie canadienne WestJet a introduit une surcharge carburant d’environ 60 dollars canadiens sur certaines réservations, Air Transat affiche une surcharge de 50 dollars sur ses vols au départ du Canada (25 euros au départ de l’Europe), et Air Canada facture une surcharge carburant variable en fonction du vol et de la classe de voyage depuis le 26 mars.
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