Après une baisse en mars, les réservations repartent à la hausse pour Exotismes​Florian De Paola

L’Écho touristique* : En ce moment, Exotismes mène une opération commerciale phare, le « poker de l’été ». Les clients réservent malgré le contexte international ?

Didier Sylvestre : Nous avons constaté une baisse des prises de commandes de l’ordre de 10% au mois de mars, mais ça n’est pas la catastrophe. Nous observons même une inversion de cette tendance, sur les quinze premiers jours d’avril, avec des progressions spectaculaires sur certaines destinations comme la République dominicaine (+29%). En fait, nous sommes à l’étale ou en croissance sur tous nos axes, hormis sur les Maldives, le Sri Lanka et, bien sûr, Dubaï.

Avec cette opération, vous proposez des tarifs alléchants, voire agressifs. Ce sont des tarifs garantis pour les clients, malgré le contexte volatile ?

Didier Sylvestre : Ce sont des tarifs que nous avons adaptés à la réalité du marché. Donc ils intègrent par exemple les surcharges carburant déjà appliquées. Le principe du poker, c’est de vendre certains de nos best-sellers à un tarif attractif. Et c’est vrai qu’étant donné le contexte, nous avons dû faire beaucoup d’efforts, sur certains axes et sur certains produits, en rognant sur notre marge. Nos partenaires hôteliers ont d’ailleurs très bien joué le jeu en acceptant de faire des compromis avec nous. Et, comme d’habitude, le produit n’est pas dégradé. Tout est question de stocks et de négociations.

Exotismes a donc pris en charge les frais et ne demandera pas à ses partenaires, avec qui nous entretenons une relation commerciale sur le long terme, de contribuer.

La donne actuelle ne remet pas en cause vos perspectives pour 2026 ?

Didier Sylvestre : Le contexte nous oblige à nous montrer prudents. L’environnement est fragile, et tout peut vite changer. Mais nous nous devions de nous déployer comme prévu au niveau commercial : c’est attendu par les agents de voyages. Il y a des signes positifs, comme la dynamique des Caraïbes ou même de destinations très lointaines à l’image de la Polynésie française. Nous prenons aussi des commandes pour des voyages avec escale dans le Golfe, l’hiver prochain.

La tendance n’est toutefois pas à la hausse du marché…

Didier Sylvestre : Il y a une incertitude globale, notamment concernant la hausse des tarifs, c’est indéniable. Mais nous n’avons pas le temps de nous ennuyer. Il y a juste moins d’activité que d’habitude. Donc, même si le morceau est plus petit, Exotismes continue de se défendre. Nous avons la chance d’avoir une offre qui répond à de nombreuses attentes actuelles du marché, et notamment une bonne implantation à l’ouest, plus particulièrement aux Caraïbes.

L’un des sujets actuels, c’est aussi le partage des surcoûts entre les voyagistes et les agences de voyages… Comment se positionne Exotismes ?

Didier Sylvestre : J’estime que nous avons joué notre rôle de tour-opérateur. Ça n’est pas la première crise que nous vivons. Mais elle est particulière : c’est la guerre. Ça n’est ni la faute des agences de voyages, ni celle des voyagistes, ni celle des clients. Les trois parties sont prises en tenaille par la situation, et il nous paraît difficile de faire autre chose que ce qui est prévu. Exotismes a donc pris en charge les frais et ne demandera pas à ses partenaires, avec qui nous entretenons une relation commerciale sur le long terme, de contribuer.

*interview réalisée le 15 avril 2026.

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