Le bien-être, nouvel avantage compétitif de la montagne​Rédaction L’Echo Touristique

La montagne a longtemps bâti son attractivité sur la performance : skier plus, monter plus haut, aller plus vite, multiplier les journées-skieurs. Mais le jeudi 23 avril 2026, lors de la dernière journée du salon Mountain Planet à Grenoble, une autre lecture s’est imposée avec la table ronde « Quand la montagne fait du bien : sport, santé et bien-être au sommet de l’attractivité » : celle d’une montagne qui soigne, répare, apaise et fidélise.

Organisé dans le cadre du programme de conférences du salon, cet échange réunissait trois intervenants aux modèles très différents : NingNing Nie, vice-présidente de Thaiwoo Resort en Chine et directrice générale du Branding Center ; Claude Bravi, directeur de la performance client du groupe Weisse Arena, qui pilote la destination LAAX en Suisse ; et Dorian Noyer, directeur de l’office de tourisme de Cauterets, dans les Hautes-Pyrénées. Trois destinations, trois cultures, trois manières d’aborder un même sujet : faire du bien-être un levier d’attractivité touristique.

Le bien-être, axe stratégique de diversification

Dans un monde saturé par le stress, les écrans et l’accélération permanente, l’altitude retrouve une valeur essentielle. L’air, le silence, l’eau, la marche, la lenteur, l’effort maîtrisé et la reconnexion à la nature deviennent des ressources touristiques à part entière. Le bien-être n’apparaît plus comme un supplément d’âme, mais comme un axe stratégique pour des destinations qui cherchent à diversifier leur offre, allonger les séjours et mieux répartir la fréquentation.

Les échanges ont montré que ce mouvement prend des formes très différentes selon les territoires. À Cauterets, où le thermalisme précède le ski arrivé en 1964, Dorian Noyer a rappelé la force d’une histoire plusieurs fois centenaire, des cures médicales de 21 jours aux mini-cures plus courtes associant soins, récupération et activités douces. À LAAX, station suisse connue pour le freestyle et le snowboard, Claude Bravi a présenté une approche plus discrète mais structurée, nourrie par la donnée, le slow food, le MICE, les marches accompagnées et un projet d’onsen. En Chine, à Thaiwoo, NingNing Nie a défendu une vision où l’art, la musique et la culture deviennent des vecteurs de ressourcement autant que d’attractivité.

Nouveaux publics et ailes de saison

La table ronde a aussi posé une question centrale pour les professionnels : comment faire cohabiter sport intense et douceur ? Trail, ski, freestyle ou randonnée ne disparaissent pas ; ils s’enrichissent d’une logique de récupération, d’écoute du corps et de qualité d’expérience. Le bien-être en montagne ne s’oppose donc pas à la performance économique. Il peut attirer de nouveaux publics, renforcer la fidélité, soutenir les ailes de saison et créer davantage de valeur par séjour.

Le message de Mountain Planet est clair : la montagne a toujours fait du bien. L’enjeu, désormais, est de structurer cette promesse, de l’incarner avec sincérité et d’en faire un véritable avantage compétitif durable.

Armelle Solelhac, PDG du cabinet de stratégie SWiTCH

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