
D’après une enquête de l’American Hotel & Lodging Association (AHLA), près de 80% des hôteliers interrogés dans les onze agglomérations concernées estiment que la demande est en retrait par rapport aux attentes initiales.
Le tournoi, organisé dans 11 villes américaines dont New York, Los Angeles, Boston, Philadelphie, San Francisco, Seattle ou encore Kansas City, affiche des disparités marquées.
Dans plusieurs marchés, les professionnels évoquent des niveaux de réservation comparables, voire inférieurs, à un été classique. Dans certaines villes, l’événement est même qualifié de « non-événement » sur le plan hôtelier. À l’inverse, certaines destinations affichent des tendances plus favorables. À Miami et Atlanta, une partie des hôteliers fait état de réservations conformes ou supérieures aux attentes.
Des freins liés au contexte international
Plusieurs facteurs expliquent ce décalage. D’après AHLA, les professionnels évoquent notamment les restrictions liées aux visas, les coûts élevés du transport et de l’hébergement, ainsi qu’un contexte perçu comme peu incitatif pour les voyageurs internationaux. Selon différentes analyses sectorielles, ces éléments limiteraient l’afflux de supporters étrangers, sur lequel reposaient en partie les projections économiques initiales de la compétition.
Certaines estimations de la Fifa tablaient sur un impact économique pouvant atteindre 30,5 milliards de dollars, en supposant une forte présence internationale et un événement assimilé à l’équivalent de « 104 Super Bowls ». Plusieurs experts interrogés estiment toutefois que ces projections apparaissent difficiles à atteindre dans le contexte actuel.
Une configuration du tournoi jugée complexe
L’industrie hôtelière pointe également les effets de la configuration même du tournoi, organisé sur 16 villes réparties entre trois pays (Etats-Unis, Mexique, Canada), ce qui complexifie les déplacements et augmente les coûts pour les supporters. « Une différence clé est que ce tournoi est bien plus étendu et plus complexe que les précédentes éditions », souligne un expert du secteur cité par le média économique Forbes, mettant en avant le poids logistique et financier pour les voyageurs internationaux.
Ce contexte s’inscrit par ailleurs dans un environnement de préparation déjà marqué par plusieurs difficultés opérationnelles, avec une série de couacs organisationnels que nous avons relatés.
Pour autant, les professionnels n’excluent pas une évolution de la demande au fil de la compétition. Les phases finales, prévues en juillet, pourraient générer un regain d’intérêt, notamment si certaines équipes surprises atteignent les derniers tours. Les spécialistes interrogés évoquent également une possible montée en puissance de la demande de dernière minute, principalement portée par les voyageurs déjà présents sur le territoire américain ou par des supporters capables de se déplacer rapidement.
Mondial 2026 : 80% des hôteliers américains jugent les réservations insuffisantes
