
L’Europe importe normalement la moitié de son kérosène depuis les pays du Golfe, touchés par la guerre. Avec le blocage du détroit d’Ormuz, des voyageurs expriment des inquiétudes au niveau de l’approvisionnement, tout comme le secteur aérien en avril.
Interrogée à ce sujet dans le cadre du congrès des EDV, Justine Coutard, directrice générale déléguée du Groupe Aéroports de Paris, s’est montrée à la fois optimiste et vigilante.
« À ce stade, nous n’avons pas eu d’impact sur l’approvisionnement en kérosène » en Ile-de-France, a-t-elle assuré. « Au niveau des aéroports parisiens, nous sommes moins dépendants que d’autres aéroports du détroit d’Ormuz. »
Ne pas céder à la « psychose »
Toutefois, le gestionnaire des plateformes Roissy et Orly reste prudent. « Pour qu’une ligne fonctionne, il faut aussi que le bout de ligne -la destination- soit alimentée correctement en kérosène. Or il peut y avoir des tensions en Asie, où les pays sont beaucoup plus dépendants du détroit d’Ormuz pour leur propre approvisionnement en jet fuel. »
ADP regrette néanmoins la couverture médiatique très importante sur les craintes de rationnement et les annulations de vols. « Il ne faut pas céder à la psychose sur le sujet. À force de mettre l’accent sur les annulations et sur le risque de renchérissement du prix du billet, on risque de décourager les gens de voyager cet été. »
Pour Justine Coutard, il faut désormais rassurer le marché. Les plus de 350 professionnels du tourisme réunis à Disneyland Paris partagent largement son point de vue.
Annulations de vols : comme une grève à Paris
Justement, quelle est l’ampleur des annulations de vols ? Tout dépend des plateformes pour ADP, qui gère 26 aéroports dans le monde. Les aéroports en Jordanie et en Inde ont particulièrement souffert. « Pour les aéroports parisiens, l’impact est plus modéré à ce stade. En termes d’annulations de vols et de passagers impactés, cela représente un jour et demi sur un mois normal, soit l’équivalent d’un mouvement social. »
ADP constate en revanche une perte de revenus dans ses boutiques, en raison de la baisse de la clientèle en provenance ou à destination du Moyen-Orient.
Comme les compagnies aériennes, le groupe reste attentif à l’évolution du prix du kérosène à l’approche de la saison estivale. Pour autant, ADP maintient ses prévisions initiales de trafic et demeure concentré sur deux projets : son plan de transformation à 8,4 milliards d’euros sur la période 2027-2034 et le CDG Express qui placera, le 28 mars 2027, Roissy à 20 minutes de la gare de l’Est. C’est, pour Justine Coutard, une « anomalie » pour un hub comme Roissy-CDG de ne pas avoir un lien direct avec la capitale.
À lire aussi :
- « Des opportunités exceptionnelles à saisir pour les voyageurs », déclare Patrice Caradec au congrès…
- Chômage partiel : des agences attendent, Serge Papin ouvre la discussion
- Pénuries : Roissy et Orly « en meilleure position » pour s’approvisionner en kérosène
- Congrès EDV : la guerre au Moyen-Orient créée « une suractivité qui n’est pas saine » pour les…
- [Congrès EDV] Dans le tourisme, une nouvelle génération veut imposer sa vision
Aéroports du Paris fait le point sur l’approvisionnement en kérosène
